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23/05/2018 11:37 EDT | Actualisé 23/05/2018 11:37 EDT

Une cuillère de métal dans la culotte pourrait sauver des filles d'un mariage forcé ou de mutilations génitales

En déclenchant les détecteurs de métaux à l'aéroport, les victimes peuvent s'entretenir avec les autorités en privé.

Getty Images/EyeEm

Une ville suédoise conseille aux jeunes filles qui craignent d'être emmenées à l'étranger pour un mariage forcé ou pour subir des mutilations génitales de cacher une cuillère de métal dans leur culotte avant de passer les contrôles de sécurité à l'aéroport.

Le personnel de l'aéroport de Göteborg a été formé pour réagir dans de telles circonstances, a expliqué Katarina Idegard, qui est responsable de prévenir les crimes d'honneur dans la deuxième ville de Suède.

«La cuillère déclenchera les détecteurs de métaux lorsque vous passez les contrôles», a-t-elle expliqué à la Fondation Thomson Reuters. «Vous serez ensuite mise à l'écart et vous pourrez parler au personnel en privé.»

Il n'existe aucune donnée sur le nombre de filles emmenées à l'étranger pour des mariages forcés, mais Mme Idegard a affirmé qu'une ligne d'urgence nationale a reçu 139 appels l'an passé à propos de mariages d'enfants ou de mariages forcés.

Des activistes encouragent d'autres villes à suivre l'exemple de Göteborg, a-t-elle ajouté.

C'est l'organisme de charité britannique Karma Nirvana qui a eu l'idée de la cuillère de métal en 2013. L'organisme soutient que la tactique a déjà sauvé plusieurs jeunes filles du mariage forcé au Royaume-Uni.

Cacher une cuillère dans ses sous-vêtements serait une façon sécuritaire pour les jeunes filles d'alerter les autorités, ce qui est souvent difficile lorsqu'elles sont constamment entourées de leur famille, estime l'organisme.

C'est une dernière chance de sonner l'alarme.Katarina Idegard

L'initiative de la cuillère fait partie d'une large campagne contre les crimes d'honneur à Göteborg, qui a une population d'un million de personnes.

La Ville a demandé aux écoles et aux travailleurs sociaux de redoubler de vigilance à l'approche des vacances d'été, alors que les filles faisant partie de diverses diasporas sont plus susceptibles d'être emmenées à l'étranger.

«Le risque de mariage forcé et de mutilations génitales augmente pendant les congés scolaires, particulièrement lors des vacances d'été. C'est pourquoi nous faisons cela maintenant», a expliqué Mme Idegard.

Le mariage forcé et les mutilations génitales sont illégaux en Suède, même s'ils ont lieu à l'étranger, et ces crimes sont passibles d'emprisonnement.

En 2016, un père a été reconnu coupable d'avoir forcé sa fille à se marier contre son gré après l'avoir manipulée pour qu'elle se rende en Afghanistan.

Dans un autre cas, en 2014, une adolescente de 14 ans a été sauvée après qu'elle eut demandé de l'aide à un employé de son école via Facebook. Son père l'avait emmenée en Éthiopie pour qu'elle épouse un cousin plus âgé.

Mme Idegard mentionne que, selon une étude de 2015, jusqu'à 38 000 filles et femmes vivant en Suède auraient subi des mutilations génitales. Les victimes seraient notamment nées en Somalie, en Érythrée, en Éthiopie, en Égypte et en Gambie.

Cet article de Reuters a été traduit de l'anglais par le HuffPost Québec.