DIVERTISSEMENT
22/05/2018 20:31 EDT | Actualisé 22/05/2018 20:31 EDT

On fêtera les 20 ans de «La fureur»… un soir seulement

«J’ai beaucoup, beaucoup rêvé de ce moment dans les dernières années.» - Véronique Cloutier

Radio-Canada/Lawrence Arcouette

Il y a déjà 20 ans cette année que le phénomène La fureur prenait d'assaut nos petits écrans.

Le jeu qui a endiablé nos vendredis soirs pendant 10 ans et propulsé Véronique Cloutier au rang de star est effectivement né sur les ondes de Radio-Canada en juin 1998.

Et tant Véronique Cloutier que la direction de la chaîne publique ne voulaient passer cet anniversaire important sous silence.

Suivant la vague de nostalgie qui nous a ramené Piment fort, Les (belles histoires des) Pays d'en haut et même l'intégralité de La petite vie sur Tou.tv Extra, Radio-Canada ressuscitera ce qui fut certainement l'un des plus grands succès de son département de variétés, mais pour un soir seulement, avec une édition spéciale de La fureur.

«J'ai beaucoup, beaucoup rêvé de ce moment dans les dernières années», a avoué une Véronique Cloutier à la voix un brin éraillée, parce qu'affectée par un virus, en point de presse, mardi matin.

On étirera un tantinet les réjouissances du temps des Fêtes en proposant cette réunion nostalgique le 5 janvier, comme une prolongation à la programmation spéciale de Noël de Radio-Canada, à la manière de SNL Québec cette année (et dont le retour n'est pas prévu pour l'instant).

Plus de joueurs

Présentée en direct du studio 42 de la grande tour, comme pendant ses belles années, cette Fureur exceptionnelle durera 90 minutes et mettra en vedette quatre équipes, deux masculines, deux féminines, de vétérans et de jeunes recrues.

On pourrait y voir Jay Du Temple, Phil Roy, Mariana Mazza ou Maripier Morin, a lancé Véro à titre d'exemple devant les médias, tout comme les joueurs les plus émérites s'étant démarqués au cours du glorieux passé de La fureur. Aucun nom n'a encore été confirmé. Véronique Cloutier pressent d'ailleurs que ça se bousculera au portillon pour participer à cette grande fête.

«Ça va se garrocher, je pense», a anticipé celle qui a reçu plein de demandes de jeunes artistes désireux de vivre l'expérience La fureur au moins une fois. Les appels de convocation d'invités devaient d'ailleurs commencer sitôt l'annonce faite.

Bien sûr, Véronique Cloutier animera, mais Sébastien Benoît, qui avait remplacé celle-ci lors de son départ, en 2003 – et qui fut certainement le joueur de plus redoutable de l'histoire de La fureur - sera de la partie, comme capitaine des troupes des garçons. Élyse Marquis, qui lui a souvent tenu tête chez les femmes, sera aux commandes du clan des filles. Même s'il y aura plus de joueurs que dans la version originale (quatre par équipe, 16 au total), la guerre des sexes sera encore au cœur du face-à-face.

La pression réclamant le retour de La fureur était forte depuis le passage de Mariloup Wolfe à 1res fois, en janvier. Alors qu'on avait élaboré un segment pour permettre à la comédienne et réalisatrice de revivre sa «première fois» ratée dans le décor de La fureur, les réseaux sociaux se sont emballés et ont réclamé à grands cris une «Fureur 2.0».

Véro et Radio-Canada ont discuté de la faisabilité du projet avant de sortir tambours et trompettes, mais c'est une Fureur sensiblement intacte que les inconditionnels retrouveront en janvier 2019, avec la même pièce-titre, le même logo, les mêmes jeux, les chansons de ralliement, plusieurs éléments de l'ancien décor, les danseurs, etc. Il y aura peut-être un peu moins de paillettes dignes de l'époque, a blagué Véro, mais le reste demeurera inchangé.

Même le réalisateur Alain Chicoine et la productrice au contenu Ève Déziel (la «juge méchante», qui décidait du pointage dans les instants fatidiques) y seront à nouveau.

Or, ne rêvez pas à un renouvellement récurrent de La fureur, il n'en est absolument pas question, Véronique Cloutier elle-même alléguant qu'elle n'aurait plus l'énergie de refaire autant de stepettes chaque semaine.

Succès foudroyant

Véronique Cloutier se l'est remémoré devant les journalistes, mardi : elle qui s'est prêtée à peu près à tous les contextes d'émissions de variétés, et qui en a animé plusieurs autres, a souligné à quel point l'atmosphère festive de La fureur était unique et n'a jamais été égalée.

À sa première semaine à l'antenne, à l'époque où 4 et demi était le téléroman favori de la chaîne publique, où la première mouture québécoise de Grease avec Marina Orsini et Serge Postigo - alors amoureux -, venait de prendre l'affiche de la Salle Pierre-Mercure, et où - bien avant sa rencontre avec Louis Morissette et la naissance de ses enfants -, les amours de Véro ne défrayaient pas encore les manchettes, La fureur ne devait qu'être qu'un rendez-vous estival sans prétention.

Mais les réactions plus qu'enthousiastes devant cette pétillante nouveauté ont rapidement convaincu Radio-Canada de faire du happening un point de rencontre hebdomadaire, avec la réussite qu'on connaît. Et c'était là le début d'une (très) longue suite de premières pages de magazines pour celle qu'on allait à tout jamais rebaptiser simplement Véro.

D'abord adaptée d'un format français, la déclinaison québécoise de La fureur a non seulement été celle qui a le plus longtemps été diffusée à la télévision, sur la quinzaine de relectures qui ont existé dans le monde, mais également la seule qui était relayée en direct. KOTV a racheté les droits du concept du distributeur Endemol pour le faire revivre ici. En 2000, Véronique Cloutier s'était même rendue en France pour y piloter une édition hors-série de La fureur.

Au total, 274 épisodes de La fureur ont été présentés à Radio-Canada, entre 1998 et 2007, tous en direct. Plus de 2300 chansons différentes y ont été interprétées, et 900 prestations y ont été offertes. Et ce, en français 71% du temps, s'est enorgueillie Véronique Cloutier, mardi.