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18/05/2018 15:34 EDT | Actualisé 18/05/2018 17:31 EDT

Entrevue avec LaF, derniers lauréats des Francouvertes

Le groupe compte sortir un projet à l'automne, tout en cumulant les prestations.

LaF lors des Francouvertes.
Jean-F.LeBlanc/Stock Photo
LaF lors des Francouvertes.

Le groupe de hip-hop LaF s'est fait connaître du grand public dernièrement en remportant la 22e édition des Francouvertes. La formation composée des rappeurs Bkay, Mantisse et Jah Maaz et des beatmakers Oclaz, BLVDR et BNJMN.LLOYD compte bien profiter de ce coup d'éclat pour faire sa marque.

Digérer la victoire

Joints à l'appartement de BLVDR dans le quartier Rosemont, celui-ci, Bkay et BNJMN.LLOYD semblaient stoïques quant à la pression à laquelle ils font face à la suite de leur victoire et ne sont pas inquiets pour la suite des choses.

«On voyait venir la finale. Veut, veut pas, on se voyait gagner. Mais gagnant, pas gagnant, on avait déjà un plan pour la prochaine année», indique Bkay.

Le producteur BLVDR voit également les choses du bon côté et est enthousiaste quant aux moyens qui seront mis à la disposition de son groupe pour ses prochains enregistrements.

«D'un point de vue créatif, ça va nous permettre d'explorer des chemins encore plus vastes, parce qu'on va avoir le budget et les installations pour le faire. C'est un luxe d'avoir du temps aussi, parce qu'on travaille tous en dehors de la musique aussi.»

Ça va peut-être être un peu éprouvant de concilier enregistrement et spectacle. Souvent, les bands vont s'allouer du temps en studio pour l'enregistrement, quitte à refuser des spectacles. [...] Mais on est prêts, on est jeunes.BLVDR

Avec leur première place aux Francouvertes, LaF peut notamment compter sur une bourse SiriusXM de 10 000 $, l'enregistrement et la diffusion d'une session musicale vidéo, des prestations rémunérées, une résidence de création artistique et trois jours d'enregistrement, comprenant les services d'un ingénieur de son.

Un style éclectique

LaF regroupant trois producteurs et trois rappeurs, dont l'un, Mantisse, ayant parfois des allures de chanteur, il ne faut pas s'étonner si le style du groupe est quelque peu éclaté.

«C'est éclectique dans le sens où la couleur est donnée par les différences des gens et non par une unité respectée de tous.Le fait que ça soit aussi éclaté, c'est aussi ce qui fait que ça soit aussi uni», souligne Bkay.

«On vient tous d'un background électronique. C'est un bon hybride entre quelque chose qui est analogue, organique, et quelque chose de plus digital», ajoute BLVDR au sujet de la touche de la formation.

La force du nombre?

De leurs propre aveux, les membres de LaF admettent que leur nombre est une arme à double tranchant.

«C'est notre force et notre faiblesse en même temps. Regrouper six têtes, c'est un défi, mais c'est aussi ce qui fait qu'on peut partir dans plein de directions. En tant que beatmaker seul, j'aurais jamais mené à terme un projet comme je le fais dans LaF. Des fois, si je manque de créativité, je vais envoyer une prod à Lloyd et il va amener ça à un tout autre niveau», explique BLVDR.

«C'est quelque chose qu'on a tourné à notre avantage, au final. [...] Malgré le fait qu'on est tous différents, on finit par s'entre-influencer et par s'imbriquer les uns dans les autres», opine Bkay.

Un été chargé

Les membres de LaF auront un emploi du temps assez exigeant cet été, alors que le groupe offrira plusieurs prestations en plus de peaufiner un projet qui devrait sortir en septembre.

«Cet été, ça va peut-être être un peu éprouvant de concilier enregistrement et spectacle. Souvent, les bands vont s'allouer du temps en studio pour l'enregistrement, quitte à refuser des spectacles. Nous, on va concilier les deux. Ça va être éprouvant, mais on est prêts, on est jeunes», conclut BLVDR.