POLITIQUE
16/05/2018 17:22 EDT | Actualisé 17/05/2018 05:36 EDT

À Postes Canada, Giuliana Fumagalli, mairesse de Villeray, avait été suspendue pour un voyage non autorisé au Mexique

La mairesse de Villeray avait demandé un congé sans solde sous de faux prétextes.

Facebook: Mairie VSMPE

La mairesse de l'arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc Extension, Giuliana Fumagalli, a déjà été suspendue par Postes Canada pour avoir pris des vacances au Mexique malgré un refus de son employeur. Elle avait d'abord prétexté qu'elle devait s'occuper de son fils.

Selon une décision du Conseil canadien des relations industrielles, un tribunal qui entend des plaintes dans les secteurs de travail de juridiction fédérale, Mme Fumagalli souhaitait prendre un congé sans solde de quelques semaines à l'été 2015. Ce congé a été refusé parce que beaucoup d'employés avaient déjà prévu des vacances à cette période et la société d'État n'avait personne pour la remplacer.

Selon les divers courriels cités par le Conseil, Mme Fumagalli a caché à plusieurs reprises les motifs de sa demande de congé. Elle a d'abord prétexté que c'était pour s'occuper de son fils.

En réalité, elle souhaitait passer du temps avec les Mayas dans le cadre d'un programme intitulé «Escuelita Zapatista».

Lorsque Postes Canada a refusé le congé, Mme Fumagalli a demandé à son syndicat de négocier une libération pour fins syndicales. Elle ne souhaitait toujours pas mentionner le Mexique à son employeur.

«Et pour ce qui est de la escuelita zapatista [...] – c'est pour cela que je vais y être – on ne parle pas de cela à l'employeur», dit-elle dans un courriel adressé au syndicat.

Ni le syndicat, ni Postes Canada n'ont autorisé la libération demandée. Mme Fumagalli a tout de même pris l'avion le 22 juillet.

Postes Canada a carrément congédié Giuliana Fumagalli pour insubordination, par le biais d'une lettre datée du 21 août 2015.

«Il est évident que vous avez pris congé de votre propre chef, que vous avez dérogé aux directives qui vous avaient été données et que vous avez menti au sujet du motif de votre demande de congé. Vous devez comprendre qu'un tel comportement est inacceptable et ne peut être toléré. Compte tenu de la gravité des faits susmentionnés, le lien de confiance entre l'employeur et vous‑même a été irrémédiablement brisé», lit-on dans le document cité par le Conseil canadien des relations industrielles.

Après des discussions avec le syndicat, le congédiement est devenu une suspension de trois mois.

Mme Fumagalli affirme que des représentants syndicaux lui avaient assuré qu'ils s'occuperaient de sa demande de libération syndicale. Elle n'a toutefois eu aucune réponse avant son départ.

«J'ai demandé un congé sans solde au syndicat officieusement et de vive voix afin de participer à l'Escuelita. On m'a dit d'attendre et qu'on s'occuperait de ma demande après les élections à la section locale. [...] N'ayant reçu aucune nouvelle le mardi après‑midi, je lui ai téléphoné depuis mon poste de travail de Youville vers 16 h 30 pour savoir ce qui se passait. Il m'a dit qu'il n'avait reçu aucune réponse, et de téléphoner à [XXXX] de la Société canadienne des postes à Ottawa et de lui mentionner le congé sans solde pour activités syndicales», dit-elle dans un échange avec son syndicat.

Mme Fumagalli a laissé un message à Postes Canada à minuit moins cinq, la veille de son départ.

Rappelons que Mme Fumagalli fait face à des allégations de harcèlement depuis son élection comme mairesse de Villeray-Saint-Michel-Parc Extension. Quatre employés politiques ont quitté leur emploi en quelques mois seulement. Une autre personne, toujours à l'emploi de l'arrondissement, a logé une plainte formelle qui suit actuellement un processus de médiation.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a demandé à Mme Fumagalli de travailler de la maison jusqu'à nouvel ordre. Elle sera toutefois présente lors des réunions publiques du conseil d'arrondissement et du conseil de ville.