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15/05/2018 07:48 EDT | Actualisé 15/05/2018 07:48 EDT

Un programme d'échange de seringues fera son entrée dans les pénitenciers

L'initiative sera d'abord déployée dans deux établissements.

Kenishirotie via Getty Images

Service correctionnel du Canada instaurera un programme d'échange de seringues afin de réduire l'incidence de maladies infectieuses parmi les détenus.

Cette décision survient après plusieurs années de pressions de la part des prisonniers et d'experts en santé; elle a été rapidement dénoncée par le syndicat des gardiens.

Service correctionnel du Canada a dit que le programme sera tout d'abord déployé dans une prison pour hommes et dans une prison pour femmes, dans le but d'en tirer les leçons appropriées avant un déploiement national.

L'initiative permettra aux détenus fédéraux d'avoir accès à des seringues stériles pour freiner la propagation de maladies infectieuses comme l'hépatite C et le VIH.

Le coût du programme sera épongé à même les budgets existants.

Entre 2007 et 2017, la prévalence de l'hépatite C derrière les barreaux est passée de 31,6 pour cent à 7,8 pour cent, tandis que celle du VIH est passée d'un peu plus de 2 pour cent à 1,2 pour cent, selon les statistiques fédérales.

Ces maladies demeurent malgré tout beaucoup plus répandues en prison que dans la population en général.

Une note transmise en 2017 par Service correctionnel du Canada au ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale, et obtenue par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, estimait qu'un programme d'échange de seringues en prison freinerait la propagation de l'hépatite C de 18 pour cent par année.

Le syndicat des gardiens de prison s'inquiète pour la sécurité de ses membres et celle des détenus. Il reproche à Service correctionnel du Canada de fermer les yeux sur le problème du trafic de drogue en prison.