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15/05/2018 09:15 EDT | Actualisé 15/05/2018 17:57 EDT

Direction de Cogeco: Louis Audet cède sa place à Philippe Jeté

Il quittera ses fonctions le 1er septembre.

La Presse canadienne

Pour la première fois de son histoire, à compter du mois de septembre, Cogeco ne sera pas dirigée par un membre de la famille Audet, mais cette dernière compte bien garder le contrôle de l'entreprise malgré le départ imminent de Louis Audet comme président et chef de la direction.

M. Audet, qui aura 67 ans dans quelques semaines, quittera ses fonctions à la tête de Cogeco et de sa filiale Cogeco Communications dès le 1er septembre. Il sera remplacé l'actuel dirigeant de Cogeco Peer 1, Philippe Jetté, un ingénieur de formation qui s'est joint à l'entreprise en 2011 à titre de vice-président principal et chef de la direction technologique et de la stratégie.

Les conseils d'administration des sociétés avaient annoncé plus tôt mardi avoir accepté la recommandation de M. Audet à l'égard de son successeur. La nouvelle a été confirmée par MM. Audet et Jetté en conférence de presse pendant l'après-midi.

Pour assurer la transition, M. Audet demeurera impliqué au sein de Cogeco, puisqu'il deviendra président exécutif du conseil d'administration des deux entreprises une fois qu'il aura quitté son poste de président et chef de la direction.

Au terme de cette période de transition qui doit durer trois ans, M. Audet deviendrait un président "normal" du conseil d'administration, mais sans pouvoir exécutif.

Le président et chef de la direction sortant a toutefois assuré que la famille Audet, qui a fondé l'entreprise, continuera d'avoir son mot à dire dans les orientations de l'entreprise. La famille contrôle actuellement 70 pour cent des votes de Cogeco inc., qui elle contrôle 80 pour cent de Cogeco Communications.

Interrogé sur la possibilité qu'un autre membre de la famille Audet prenne éventuellement les rênes de l'entreprise, M. Audet a écarté cette possibilité à court terme.

"Peut-être y en aura-t-il à l'avenir, mais à ce moment-ci, c'est prématuré d'en parler", a-t-il offert.

Quant à son avenir personnel, M. Audet a complètement rejeté la possibilité de se présenter en politique un jour, et surtout pas aux prochaines élections d'octobre.

"Moi, je ne suis pas un politicien dans l'âme, j'ai aucun talent dans ce domaine-là. Ce n'est vraiment pas une de mes ambitions, je vous le confirme de façon indubitable", a-t-il déclaré en éclatant de rire.

Une grande diversification

Sous la gouverne de l'homme d'affaires, la société et sa filiale se sont considérablement diversifiées dans les secteurs de la câblodistribution, de la radiodiffusion et des solutions destinées aux entreprises, générant un chiffre d'affaires annuel de plus de 2,3 milliards $.

C'est M. Audet qui a notamment piloté la percée américaine effectuée par la société en 2012 dans le cadre de l'acquisition du câblodistributeur indépendant américain Atlantic Broadband pour 1,36 milliard $.

Il a également réalisé la plus importante transaction de l'histoire de la société lorsque Cogeco Communications avait allongé 1,4 milliard $ US, avec l'aide de la Caisse de dépôt et placement du Québec, afin de compléter l'achat de MetroCast aux États-Unis.

Aussi des écueils

En contrepartie, le dénouement de la tentative d'incursion de Cogeco au Portugal en 2006 pour 650 millions $ avait été bien différent, puisque l'aventure s'était terminée six ans plus tard quand la société s'était délestée de Cabovisao pour seulement quelque 60 millions $.

De plus, la percée de Cogeco Communications dans le secteur des solutions informatiques - comme l'hébergement de données - ne s'est pas faite sans heurts pour le câblodistributeur, qui s'affaire à redresser cette division depuis un an.

Cogeco avait acquis Peer 1 Networks pour 526 millions $ en 2012 et avait construit un centre de données dans la banlieue montréalaise de Kirkland au coût de 100 millions $.

Mais la pression des géants du secteur comme Amazon, Microsoft et Google avait forcé la société à comptabiliser une perte de valeur de 450 millions $ de sa division des services de technologies d'information et de communication (TIC) en 2016.

Cogeco estime que M. Jetté a néanmoins été en mesure de "stabiliser" cette division alors que le contexte d'affaires était "très difficile".

"Dans notre esprit, cette entreprise est maintenant prête à renouer avec la croissance qu'elle avait perdue au cours des quelques dernières années", a soutenu M. Audet en conférence de presse.

"Ce repositionnement-là, Philippe l'a fait avec son équipe avec grand succès. D'ailleurs, c'est l'un des critères qui nous a amenés à la sélection de Philippe pour occuper la position", a-t-il ajouté.