DIVERTISSEMENT
15/05/2018 16:05 EDT | Actualisé 15/05/2018 16:05 EDT

«Boomtown Café»: 35 ans plus tard, le miracle d’Abbittibbi

Introuvable pendant des décennies, l'opus culte jouit enfin d'une réédition pour le plus grand plaisir des amateurs!

Courtoisie

En musique, la patiente est une qualité de plus en plus rare. C'est pourtant ce qu'il a fallu au groupe Abbittibbi avant de voir la sortie en bonne et due forme de son premier album Boomtown Café. Demeuré introuvable pendant des décennies, l'opus culte jouit enfin d'une réédition pour le plus grand plaisir des amateurs.

Les années ont passé, mais Richard Desjardins, un des fondateurs du groupe rock Abbittibbi, se souvient encore très bien de sa frustration en 1981, date à laquelle le disque Boomtown Café a été enregistré au studio Bobinason de Montréal dans des conditions, selon lui, peu satisfaisantes.

«On n'était vraiment pas contentS, lance Richard Desjardins en entrevue. Le résultat sonore était médiocre et le mixage écrasé peu uniforme, sans parler de la pochette que l'on n'aimait pas du tout. Mais on ne pouvait rien dire parce qu'on n'était pas les producteurs.»

Sans attendre de lancement officiel, les deux productrices de l'album disparaissent ensuite dans la nature. «On n'a rien reçu, pas une cenne, ajoute l'Abitibien. Et puis, il a bien fallu qu'on se fasse une raison. On était loin d'être riches et il fallait pourtant continuer à vivre.»

Une question de restauration

Même si les ventes de Boomtown Café déçoivent dès sa sortie en vinyle, la proposition marque les esprits avec des pièces emblématiques dans le répertoire québécois comme Le chant du bum, Rose-Aimée, Y va toujours y avoir ou Le beau grand slow. «On n'a jamais su combien d'albums ont été vendus», précise un Desjardins amer.

Les membres du groupe – Richard Desjardins, Gary Farrell, Rémi Perron, Claude Vendette, Theo Busch et Michel Jetté - auquel il faut ajouter Denis Champoux, Pierre Cormier, Alain Blais et Médéric Lozier – ont poursuivi leur bout de chemin jusqu'au jour du «miracle!».

«Une personne de ma compagnie de disque à qui j'avais raconté cette histoire a retrouvé grâce au réseau Facebook l'une des deux productrices de l'album. Elle vit à Barcelone et elle a avoué ne pas se souvenir de l'époque de Boomtown Café. Il reste qu'on a alors appris que les bandes maîtresses originales sont restées à Montréal dans deux endroits différents et dans des états encore exploitables.»

Bernard Grenon et Éric Ferron des studios Karisma restaurent la matrice en préservant le son country rock des orchestrations de l'époque. «Quand j'ai réalisé que rien n'était perdu, je me suis alors dit qu'il fallait ressortir le disque comme on l'avait voulu à l'époque, pochette comprise. On a fait preuve de patiente et il y a une justice sur Terre. Si je suis ici 35 ans plus tard pour vous parler de Boomtown Café, c'est que l'aventure en valait bien la chandelle», conclu Desjardins.