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14/05/2018 14:58 EDT | Actualisé 14/05/2018 16:39 EDT

Des centaines d'heures de service coupées à cause de la grève à la STM

Les impacts pourraient se faire sentir jusqu'en septembre, selon le transporteur.

Marc Bruxelle via Getty Images

Les usagers du transport en commun ont dû composer avec 57 autobus de moins sur les routes de Montréal la semaine dernière. Cela signifie 513 heures de desserte par autobus en moins à cause de la grève des heures supplémentaires des employés d'entretien.

Les employés d'entretien de la Société de transport de Montréal (STM) ont mené six jours de grève des heures supplémentaires la semaine dernière, dans le cadre de la renégociation de leur convention collective.

Selon la STM, entre 10% et 15% du service d'entretien régulier dépend des heures supplémentaires. Au cours de la semaine, les travaux d'entretien régulier (comme les changements d'huile, par exemple) ont donc fonctionné au ralenti. La situation a forcé la STM à maintenir au garage 57 véhicules qui auraient normalement pris la route.

La STM doit mettre environ 1400 autobus sur les routes de Montréal pendant l'heure de pointe matinale, sur les 1828 véhicules qu'elle détient.

Lundi, le transporteur n'était pas en mesure de préciser quelles lignes et quels départs ont été coupés. La réduction de service aurait affecté diverses lignes et divers secteurs de la ville.

Les «commandes de travail» ont également augmenté au cours de la semaine. Ces commandes sont des demandes d'entretien spécifiques concernant un autobus donné, par exemple lors d'un bris mécanique ou lorsqu'un chauffeur perçoit un son inhabituel provenant du véhicule. Avant la grève, 156 commandes étaient en attente de traitement. Il y en a désormais 186.

Selon la STM, la grève des heures supplémentaires pourrait avoir des effets jusqu'en septembre, même si elle a pris fin dans la nuit de dimanche à lundi.

«Cette situation aura des conséquences immédiates jusqu'en juin, au moment où les vacances des employés débutent, ce qui ralentira le volume de travail et ultimement, des impacts anticipés possibles pourraient s'étendre jusqu'en septembre», affirme le porte-parole du transporteur, Philippe Déry.

Le métro et le transport adapté n'ont pas été touchés par la grève des heures supplémentaires, selon M. Déry.

Lundi, la STM a annoncé qu'elle a demandé l'intervention d'un médiateur pour faire avancer les négociations avec le Syndicat du transport de Montréal, qui représente les employés de l'entretien.

Le syndicat, affilié à la CSN, a refusé la demande d'entrevue du HuffPost Québec. Un bilan de la grève devrait être communiqué au cours des prochains jours.

L'organisme Trajectoire Québec, qui représente les usagers du transport en commun, affirme n'avoir reçu aucune plainte jusqu'à présent concernant la grève.

«On est au tout début des moyens de pression, donc c'est encore sous contrôle même si on a coupé des heures de service. On souhaite que les deux parties en viennent à une entente négociée pour avoir le moins d'impacts possible sur les usagers», affirme son président François Pépin.

Rappelons que les chauffeurs d'autobus et les opérateurs de métro se sont donné un mandat de grève générale illimitée il y a deux semaines. La grève sera déclenchée au moment jugé opportun par le syndicat, mais un niveau minimal de service devra être assuré parce que le transport en commun fait partie des services essentiels.

La STM se dit prête à intensifier les négociations avec les chauffeurs.

La mairesse Valérie Plante n'a pas souhaité commenter le dossier.