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14/05/2018 19:10 EDT | Actualisé 14/05/2018 19:10 EDT

La quasi-totalité des «demandeurs irréguliers» en 2018 sont passés par le chemin Roxham au Québec

De ces quelque 7600 personnes, plus de 7300 sont entrées de façon irrégulière par le Québec.

Photo d'archives du chemin Roxham.
Christinne Muschi / Reuters
Photo d'archives du chemin Roxham.

Près de 96 pour cent de tous les demandeurs d'asile qui sont entrés de façon irrégulière au Canada jusqu'ici cette année sont passés par le chemin Roxham, en Montérégie, indique la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Selon les plus récentes données de la GRC, 7612 personnes sont arrivées au Canada en passant par d'autres endroits que les points d'entrée officiels au cours des quatre premiers mois de l'année, comparativement à 2784 pendant la même période l'an dernier. De ces quelque 7600 personnes, plus de 7300 sont entrées de façon irrégulière par le Québec; pendant ce temps, le Manitoba et la Colombie-Britannique accueillaient environ 150 demandeurs chacune.

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard a d'ailleurs demandé à Ottawa de payer une partie des frais liés à l'accueil de ces demandeurs en provenance des États-Unis qui arrivent par le chemin Roxham, à Hemmingford, pas très loin du poste-frontière officiel de Lacolle, entre le Québec et l'État de New York. Québec évalue à 146 millions $ les dépenses additionnelles entraînées en 2017 par le flot inhabituel de près de 19 000 demandeurs d'asile arrivés par le chemin Roxham.

Les péquistes demandent au gouvernement fédéral de suspendre l'Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs. Selon l'opposition, cette entente, entrée en vigueur en 2005, encourage les demandeurs du statut de réfugié à contourner les voies officielles. Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, souhaite que l'on redirige les demandeurs d'asile irréguliers vers des postes frontaliers et que l'on bloque l'accès au chemin Roxham.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a indiqué plus tôt ce mois-ci que son gouvernement avait entamé des discussions exploratoires avec Washington pour rouvrir cette entente.

L'accord prévoit que le Canada et les États-Unis doivent refouler les demandeurs arrivant de l'autre pays qui se présentent à leurs postes-frontière respectifs, sauf s'ils entrent sur le territoire voisin de façon irrégulière. Dans ce cas, le pays hôte doit étudier la demande d'asile au mérite.

Après une vague de demandeurs haïtiens en 2017, ce serait maintenant au tour de nombreux Nigérians de franchir de façon irrégulière la frontière canadienne au chemin Roxham. Ces Nigérians posséderaient un visa de séjour aux États-Unis en bonne et due forme, mais Ottawa croit qu'ils auraient obtenu ce visa dans le seul but de demander le statut de réfugié au Canada.