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14/05/2018 12:29 EDT | Actualisé 14/05/2018 17:06 EDT

Les brigadiers scolaires de Montréal préparent des moyens de pression

La grève n'est pas exclue avant la fin de l'année scolaire.

Matt Aiello

Les 620 brigadiers scolaires de l'île de Montréal vont bientôt recourir à des moyens de pression et ceux-ci pourraient aller jusqu'à la grève avant la fin de l'année scolaire.

Au cours d'une assemblée générale, en fin de semaine dernière, ces brigadiers scolaires ont rejeté à 92 pour cent l'offre patronale finale qui avait été déposée le 1er mai.

La Ville de Montréal a pris acte de ce vote et s'est dite prête à poursuivre les négociations; elle propose de recourir à un médiateur du ministère du Travail pour rapprocher les parties.

L'administration Plante estimait toutefois que sa dernière offre "confirmait plusieurs avancées significatives ayant été négociées entre les parties". Elle a fait parvenir une lettre au syndicat, disant notamment vouloir connaître les motifs du rejet de son offre.

La section locale 930 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, s'était déjà dotée, en novembre dernier, d'un mandat de grève. Elle a fait savoir lundi que ce mandat pourrait être exercé avant même la fin de l'année scolaire.

Les syndiqués ont toutefois l'intention de commencer par des moyens de pression plus légers. Ils vont notamment suivre la mairesse Valérie Plante et comptent bien manifester à plusieurs occasions, comme à l'hôtel de ville. "C'est sûr qu'on va être là pour déranger Mme Plante", a indiqué au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, lundi, Diane Girard, présidente du syndicat.

Une rencontre du syndicat est prévue mercredi et l'instance déterminera alors la gradation des moyens de pression qui seront déployés.

Mme Girard espère ne pas avoir à en venir à la grève. "On espère ne pas se rendre là, mais s'il le faut, pour faire bouger la Ville de Montréal, c'est sûr qu'on va y aller", a-t-elle prévenu.

"Si on déclenche une grève, c'est sûr qu'on va être obligés d'aller aux services essentiels pour savoir si on peut tous sortir, au complet, ou s'il y aura des restrictions. Il y a des traverses qui sont non prioritaires; on ne sait pas ce que la Ville va vouloir faire", a expliqué Mme Girard.

Il semble que ce syndicat n'ait jamais débrayé auparavant. "Non, jamais, jamais. Moi, ça fait quasiment 40 ans que je suis là et puis on n'a jamais débrayé pour les négociations. Ça a toujours venu à bout de se régler, mais avec eux, cette année, c'est de pire en pire. Les offres, au lieu d'être bonnes, sont médiocres", a opiné Mme Girard.

Parmi les points en litige, on trouve la rémunération, les congés de maladie et les congés mobiles.

Ces brigadiers gagnent en moyenne 16,14 $ l'heure. Ils réclament un rattrapage salarial qui les rapprochera de la moyenne québécoise. Dans certaines villes, les brigadiers touchent 20 $ l'heure, voire 23 $ à Saint-Jérôme, note Mme Girard. Leur moyenne d'âge est de 62 ans.

La question du nombre de congés est aussi en litige, de même que la rémunération des congés de maladie.

Le syndicat compte 620 brigadiers scolaires, 672 en incluant les surnuméraires, et ils travaillent non seulement à Montréal même, mais sur toute l'île de Montréal, a précisé Mme Girard.