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11/05/2018 15:42 EDT | Actualisé 11/05/2018 15:42 EDT

Un cours sur les pensionnats autochtones doit-il être donné par un Autochtone ?

Ces critiques soutiennent que seuls des Autochtones peuvent comprendre la complexité et les effets combinés des discriminations.

Une université de la Nouvelle-Écosse subit des critiques depuis qu'elle a confié à une allochtone l'enseignement de son nouveau cours sur les pensionnats pour Autochtones.

L'Université Mount Saint Vincent, de Halifax, indique sur son site internet que la professeure choisie pour donner le nouveau cours, l'automne prochain, possède une expertise dans l'histoire des Premières Nations de l'Atlantique, avec une spécialité dans l'expérience historique des femmes autochtones au 20e siècle.

Dans les médias sociaux, ce choix d'une «professeure issue des colonisateurs» a été qualifié par certains d'«appropriation de l'histoire autochtone» et de geste qui «consolide l'oppression systémique des Premières Nations».

Ces critiques soutiennent que seuls des Autochtones peuvent comprendre la complexité et les effets combinés des discriminations qu'ils ont subies, et qu'ils devraient être aussi les seuls autorisés à enseigner leur propre histoire.

Martha Walls, la professeure adjointe choisie pour donner le cours, a précisé dans un courriel qu'elle prenait «très au sérieux les préoccupations importantes soulevées sur Facebook». Mme Walls soutient qu'au début de la semaine prochaine, elle rencontrera des collègues autochtones et allochtones pour se pencher sur cette question.

Mais pour Rebecca Thomas, militante de la communauté micmaque à Halifax, la réconciliation souhaitée par plusieurs Canadiens passe aussi par une plus grande place donnée à la parole autochtone.

«On perpétue encore le fait que les allochtones ont le droit et l'expertise pour parler des enjeux autochtones, alors qu'en réalité, il n'y a rien comme de l'entendre de ceux qui l'ont eux-mêmes vécu et qui sont les purs produits de ces systèmes au Canada», estime-t-elle.