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11/05/2018 12:21 EDT | Actualisé 11/05/2018 12:21 EDT

Un juge invite le gouvernement à réfléchir à la pluriparentalité

Au Québec, la loi ne reconnaît que deux parents pour un enfant.

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Signe évident que les temps ont changé, un juge québécois demande au gouvernement de réévaluer la possibilité de la triparentalité et même de la pluriparentalité, en raison d'une situation s'étant présentée devant lui: une mère biologique, sa conjointe en train de changer de sexe qui est la deuxième mère de la petite fille, et son père biologique.

Au Québec, la loi ne reconnaît que deux parents pour un enfant, et seuls ces deux noms seront inscrits sur le certificat de naissance.

Mais la vie est souvent plus complexe, reconnaît le juge Gary Morrison, de la Cour supérieure, dans une décision rendue fin avril.

Le père biologique d'une fillette de trois ans a demandé au tribunal de reconnaître qu'il est le père biologique, de faire inscrire son nom sur le certificat de naissance et de rayer celui de la deuxième mère de l'enfant. Il veut aussi que l'enfant porte son nom de famille.

Selon le juge, l'impossibilité qu'un enfant ait plus de deux parents pose problème eu égard à la réalité sociale de 2018.

Il est d'avis que le meilleur intérêt de l'enfant mineure requerrait que la loi permette la reconnaissance de sa réalité, soit que sur les plans émotionnel et socio-économique, elle a effectivement toujours eu trois parents.

Mais le magistrat souligne qu'il n'a d'autre choix que d'appliquer la loi telle qu'elle existe actuellement.

Vu la preuve devant lui et les dispositions légales, il tranche en faveur du père biologique: il ordonne donc que le certificat de naissance de l'enfant soit modifié pour le désigner comme père, mais refuse le changement de nom de famille de la fillette.