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11/05/2018 18:46 EDT | Actualisé 11/05/2018 18:46 EDT

ALÉNA: les négociateurs se quittent avec plusieurs questions en suspens

Les désaccords les plus importants seraient entre les États-Unis et le Mexique.

CANADIAN PRESS/Alex Panetta

Les négociateurs de la nouvelle mouture de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) se sont quittés pour la fin de semaine avec plusieurs questions en suspens, à seulement quelques jours d'une échéance non officielle pour en venir à un accord cette année.

Les ministres responsables du dossier sont retournés à la maison, vendredi, en dévoilant peu de détails sur l'avenir de l'accord, dont les négociations sont précipitées par les élections au Mexique et aux États-Unis.

Le ministre mexicain, Ildefonso Guajardo, a déclaré que son pays était près de s'entendre avec les États-Unis sur un sujet litigieux: les règles sur les automobiles. Mais ce dossier n'est pas réglé et il reste encore plusieurs écueils, a-t-il dit.

Il a mentionné deux autres enjeux qui devront être discutés, à l'initiative des États-Unis. L'administration Trump veut diluer le système de règlement des différends, et ajouter une sorte de disposition crépusculaire qui pourrait lui permettre de mettre fin à l'entente après cinq ans.

M. Guajardo a affirmé que les négociateurs étaient au courant du calendrier politique, et que l'incertitude affectait négativement les marchés. Il a toutefois ajouté qu'il était important de conclure une entente «très bonne et équilibrée».

Les représentants américains estiment qu'un accord conclu après mardi prochain arriverait trop tard pour qu'elle puisse être votée au Congrès, qui pourrait changer complètement de portrait après les élections de mi-mandat de novembre.

À ce point-ci, les désaccords les plus importants seraient entre les États-Unis et le Mexique. Le litige porterait sur la volonté de l'administration Trump de créer des règles pour encourager la production automobile dans les pays du nord, où les salaires sont plus hauts.

Alors que le Canada ne se retrouvait pas au centre des discussions, la ministre canadienne était moins présente sur les lieux de la rencontre, cette semaine.

Les représentants canadiens ont quitté les lieux vendredi en souriant et en se réjouissant des rencontres fructueuses.

«Parfois une longue réunion est bonne, parfois une courte réunion est bonne. Et vice versa», a déclaré Chrystia Freeland, la ministre des Affaires étrangères.

«L'atmosphère est bonne. Il y a beaucoup de bonne volonté, du côté politique, du côté des fonctionnaires... Il y a un engagement à faire vraiment tout ce qu'il faut pour y arriver», a-t-elle ajouté.

Les équipes de négociations doivent consulter les parties concernées en revenant chez eux, informer leurs patrons politiques et se regrouper pour être de retour à la table dans les prochains jours.

Mme Freeland a aussi rencontré en fin de journée son nouvel homologue, le secrétaire d'État Mike Pompeo.

À la Maison-Blanche, vendredi, le président Donald Trump a une fois de plus qualifié l'ALÉNA d'accord «terrible».

«Nous avons de très mauvais accords dans ce pays. Entre l'entente avec l'Iran et l'ALÉNA, nous pourrions regarder n'importe quel accord (...) Nous allons vers de bonnes ententes. Nous verrons ce qui arrivera», a-t-il dit.

Donald Trump a annoncé plus tôt cette semaine que les États-Unis se retiraient de l'accord sur le nucléaire iranien.

M. Trump n'a pas blâmé ses vis-à-vis de défendre leur pays.

«Le Mexique et le Canada, regardez, ils n'aiment pas perdre la poule aux oeufs d'or. Mais je représente les États-Unis. Je ne représente pas le Mexique, ni le Canada... Nous verrons si on peut rendre (l'ALÉNA) acceptable», a-t-il déclaré.