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10/05/2018 10:43 EDT | Actualisé 10/05/2018 12:50 EDT

Le sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un aura lieu le 12 juin à Singapour

«Nous allons tous deux essayer d'en faire un moment très important pour la paix dans le monde!»

Le 12 juin à Singapour: dans un mois, Donald Trump et Kim Jong-un vont se rencontrer lors d'un sommet historique pour discuter d'un enjeu crucial, la "dénucléarisation" de la Corée du Nord après des mois d'escalade et de tensions.

Le président des Etats-Unis, qui entretenait le suspense sur la date et le lieu de ce tête-à-tête avec le numéro un nord-coréen, en a fait l'annonce jeudi quelques heures après avoir accueilli, près de Washington, trois prisonniers américains tout juste libérés par Pyongyang.

"La rencontre très attendue entre Kim Jong-un et moi aura lieu à Singapour le 12 juin. Nous allons tous deux essayer d'en faire un moment très important pour la Paix dans le Monde!", a-t-il écrit sur Twitter.

Son secrétaire d'Etat Mike Pompeo, qui vient de se rendre dans la capitale nord-coréenne pour préparer le sommet, n'a pas exclu qu'il dure plus d'un jour.

Depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53) qui n'a toujours pas donné lieu à un traité de paix, aucun président américain n'a rencontré jusqu'ici un dirigeant nord-coréen. Les plus hauts responsables américains en exercice à se rendre en Corée du Nord ont été des secrétaires d'Etat: Madeleine Albright en 2000 lors d'un bref dégel sans lendemain sur les dossiers balistique et nucléaire nord-coréen, et Mike Pompeo qui a ramené jeudi les ex-prisonniers.

Les ex-présidents Jimmy Carter et Bill Clinton ont aussi fait le déplacement à Pyongyang.

Après s'être montré tenté par un sommet à la frontière entre les deux Corées, où Kim Jong-un s'est réuni fin avril avec le président sud-coréen Moon Jae-in pour une autre rencontre riche en images fortes, Donald Trump avait exclu mercredi cette piste. Singapour était alors devenue l'option la plus probable.

Il fallait "trouver un endroit neutre où Trump et Kim puissent se sentir tous deux en sécurité tout en fournissant le cadre spectaculaire dont ils ont besoin pour ce sommet historique", a souligné Jean Lee, experte du think tank Wilson Center, sur Twitter. Il fallait aussi que ce soit "assez proche" de Pyongyang "pour que Kim puisse s'y rendre dans son petit avion".

C'est donc cette cité-Etat d'Asie du Sud-Est, au sud de la Malaisie, qui a été choisie pour mettre en scène leur rencontre emblématique de l'extraordinaire détente en cours après des mois d'escalade ponctuée d'échanges musclés et d'invectives personnelles.

L'"excellent" Kim

"Je pense que cela sera couronné de succès", a une nouvelle fois lancé un Donald Trump résolument optimiste en accueillant les ex-prisonniers en pleine nuit à leur descente d'avion. Il a tenu à "remercier" Kim Jong-un, "qui a vraiment été excellent" avec eux.

Le président américain espère un succès diplomatique après s'être attiré les critiques internationales en claquant la porte, mardi, de l'accord sur le nucléaire iranien qu'il juge "désastreux".

Le dirigeant nord-coréen a lui qualifié le sommet de chance "historique" pour construire un "bel avenir".

KCNA KCNA / Reuters
Mike Pompeo et Kim Jong-un

La préparation de cette rencontre donne lieu à un tourbillon diplomatique. Mike Pompeo a ainsi rencontré à deux reprises en un mois Kim Jong-un - la première, en secret, en tant que directeur de la CIA. Et le dirigeant nord-coréen s'est rendu deux fois en Chine en six semaines pour parler au président Xi Jinping.

Désormais, les diplomates américains et nord-coréens s'affairent pour définir l'ordre du jour de la rencontre. Une tâche à haut risque.

Kim Jong-un s'est dit prêt à négocier la "dénucléarisation" de son pays reclus et frappé par des sanctions internationales draconiennes, infligées en partie l'an dernier après une série de tirs de missiles y compris intercontinentaux capables d'atteindre le continent américain, et d'essais atomiques qui avaient fait monter les tensions.

Mais les experts pensent que sa définition de ce terme n'est pas la même que celle de Washington, qui réclame la dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" de la péninsule coréenne et assure n'être prêt à aucune concession avant d'avoir atteint cet objectif "sans délai".

"Tant que les différentes parties abandonnent leur politique hostile et les menaces" à l'encontre de Pyongyang, "il n'y a aucune raison pour la Corée du Nord d'être un Etat nucléaire et la dénucléarisation peut se concrétiser", a assuré Kim Jong-un à Xi Jinping, d'après l'agence Chine nouvelle.

Le président chinois a ensuite demandé à son homologue américain de prendre en compte les "préoccupations de sécurité raisonnables" des Nord-Coréens.