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10/05/2018 20:53 EDT | Actualisé 10/05/2018 20:53 EDT

La Maison-Blanche annule un programme de la Nasa sur les gaz à effet de serre

La Maison-Blanche a «discrètement tué» un programme de la Nasa.

Leah Millis / Reuters

La Maison-Blanche a "discrètement tué" un programme de la Nasa, d'un montant de 10 millions de dollars par an, destiné à surveiller dans l'atmosphère le dioxyde de carbone et le méthane considérés comme contribuant au réchauffement de la planète, écrit jeudi la revue Science.

Le programme Carbon Monitoring System (CMS) de l'agence spatiale américaine cherche les sources d'émission et les puits de dioxyde de carbone, et créé des modélisations en haute résolution des flux de ce gaz à effet de serre sur la Terre, a expliqué la revue américaine.

"L'administrattion du président Donald Trump a discrètement tué le CMS", a-t-il écrit, qualifiant cette décision de "dernière attaque d'envergure (en date) contre la science climatique" opérée par la Maison-Blanche.

La Nasa n'a pas répondu immédiatement aux sollicitations de l'AFP.

Selon Science, la Nasa "a refusé de fournir une raison à cette annulation autre que +des contraintes budgétaires et des priorités plus pressantes au sein du budget scientifique+".

La revue cite également Steve Cole, un porte-parole de la Nasa, soulignant qu'il n'était fait mention du CMS nulle part dans le budget adopté en mars par le Congrès américain ce qui "a permis à l'initiative de l'administration d'entrer en vigueur".

Les subventions déjà allouées vont être honorées mais aucune nouvelle étude ne sera lancée, a souligné l'article de Science.

Le président américain s'est toujours montré sceptique concernant le changement climatique parlant même, avant son élection, d'une "invention" de la Chine.

Il a déjà annulé une autre mission scientifique de surveillance de la Terre, le Orbiting Carbon Observatory 3 (OCO-3), et annoncé le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat signé fin 2015.

D'après Kelly Sims Gallagher, directrice du Centre de politique internationale sur l'environnement et les ressources de l'université américaine Tufts, la suppression du CMS menace les efforts de vérification du niveau national de réduction des gaz à effet de serre pris dans le cadre de cet accord.

"Si on ne peut pas mesurer les réductions des émissions, on ne peut pas avoir confiance dans le fait que les pays se conforment à l'accord", a-t-elle dit à Science. Supprimer le CMS est "une grave erreur".