POLITIQUE
10/05/2018 11:39 EDT | Actualisé 10/05/2018 15:06 EDT

Alexandre Taillefer n’est pas en conflit d’intérêts, croit Philippe Couillard

Son ministre Pierre Moreau n’est pas tout à fait d’accord.

Ryan Remiorz/PC
L'homme d'affaires Alexandre Taillefer prend la pose avec sa flotte de taxis électriques Téo Taxi.

QUÉBEC – Le premier ministre Philippe Couillard juge qu'il a frappé «un très bon coup» en recrutant l'homme d'affaires Alexandre Taillefer comme président de sa campagne électorale. Mais il ne voit pas pourquoi sa nouvelle recrue devrait prendre des mesures afin d'éviter les conflits d'intérêts avec ses nombreuses entreprises.

Celui qui s'est fait connaître grâce à l'émission Dans l'œil du dragon est propriétaire du magazine L'actualité et de l'entreprise de taxis électriques Téo Taxi. Il préside également de nombreux conseils d'administration, dont ceux du Musée d'art contemporain de Montréal, de Communications Voir et d'Autobus Lion.

J'adore le fait qu'on ait des opinions diverses sur plusieurs sujets.Philippe Couillard, à propos d'Alexandre Taillefer

M. Couillard, qui a décrié les conflits d'intérêts du patron de presse Pierre Karl Péladeau lorsque ce dernier était chef du Parti québécois, croit que la situation n'est pas la même pour M. Taillefer, qui est aussi un patron de presse.

«C'est un président de campagne, ce n'est pas un candidat à un poste électif, s'est défendu le premier ministre. Dans le passé, les présidents de campagne ne se sont pas départis de leurs intérêts.»

Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Moreau, n'est pas du même avis. Il a fait valoir, devant les journalistes, que M. Taillefer doit «s'assurer qu'il n'y a pas de situation de conflit ou des situations apparentes de conflit d'intérêts», comme pour tous ceux qui s'impliquent en politique.

Lundi, l'homme d'affaires avait laissé entendre en marge d'un point de presse qu'il jouerait un rôle dans la prochaine campagne électorale, sans être candidat. Il a finalement confirmé jeudi, après les révélations de La Presse, comment il compte s'impliquer au sein des troupes libérales.

Comme président de campagne, l'ex-Dragon occupera une fonction honorifique. Il pourra assister aux réunions de stratégie du Parti libéral du Québec (PLQ) dans ce qu'on appelle la «war room» aux côtés du directeur de campagne Hugo Delorme.

Des positions irréconciliables?

Pas plus tard que mercredi. M. Taillefer s'était prononcé en faveur d'une réforme du mode de scrutin – appuyée par tous les partis d'opposition. Les libéraux ont tout de suite fermé la porte à cette possibilité.

Questionnée par les journalistes à savoir si elle était sensible aux positions du nouveau président de campagne du PLQ, la ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Kathleen Weil, a simplement dit: «Je suis toujours sensible!»

M. Taillefer s'est aussi prononcé en faveur du salaire minimum à 15$ de l'heure. Là encore, les ministres concernés ont évité de commenter. «On en discutera!» a fini par dire le ministre des Finances, Carlos Leitao. «Bonne journée!» a pour sa part lancé la ministre du Travail, Dominique Vien, avec un grand sourire.

Le premier ministre n'a pas semblé inquiet de ces divergences d'opinions. «J'adore le fait qu'on ait des opinions diverses sur plusieurs sujets. D'ailleurs, un leader fort s'entoure de gens forts. Un leader faible s'entoure de gens faibles. Certainement qu'on aura de bonnes discussions», a dit M. Couillard.

M. Taillefer n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue jeudi matin. Mais lors d'un point de presse à Montréal, en après-midi, il s'est dit scruté à la loupe, voire victime d'acharnement des médias.

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