POLITIQUE
09/05/2018 06:49 EDT | Actualisé 09/05/2018 06:50 EDT

Les environnementalistes commencent à se méfier du gouvernement Trudeau

Un nouveau rapport remet en doute les progrès accomplis par le gouvernement depuis son élection.

Matt Dunham/AP
Des activistes réunis à Paris lors de la conférence COP21 en 2015.

Certains des groupes environnementaux les plus influents du Canada disent croire de moins en moins le gouvernement libéral à Ottawa lorsqu'il dit être engagé dans la cause pour le développement durable.

À moins de 18 mois du prochain scrutin fédéral, un nouveau rapport signé par une douzaine de groupes environnementaux et d'organismes remet en doute les progrès accomplis par le gouvernement jusqu'ici, à la lumière de toutes les promesses que le Parti libéral avait faites en campagne électorale, et des lettres de mandat remises aux ministres.

Cette coalition — qui regroupe entre autres l'Institut Pembina, Greenpeace, la Fondation David Suzuki et la Société pour la nature et les parcs du Canada — constate que sur plusieurs sujets, le gouvernement a respecté ses promesses en principe, sans que cela se transpose dans la réalité.

Le rapport indique qu'en arrivant au pouvoir en 2015, le gouvernement libéral était rempli d'optimisme et de promesses. La campagne électorale avait haussé les attentes des groupes dans plusieurs secteurs, notamment sur le développement durable, souligne-t-on.

Les groupes environnementalistes saluent les progrès sur l'Accord de Paris, les règles pour diminuer les émissions de méthane dans les secteurs pétrolier et gazier, l'élimination progressive du charbon pour produire de l'électricité et l'élimination progressive des hydrofluorocarbures.

Les hydrofluorocarbures (HFC), qui sont utilisés dans les climatisateurs et la réfrigération, représentent l'un des gaz à effet de serre en croissance dans le monde, et sont considérablement plus toxiques que le dioxyde de carbone.

Le rapport souligne aussi l'ouverture du gouvernement, qui accepte d'écouter davantage les groupes environnementaux dans la conception de ses politiques.

«Il y a eu un changement radical à Ottawa pour ce qui est de solliciter et d'écouter des intervenants, en ce qui a trait à la protection de l'environnement», écrivent-ils.

«Le gouvernement a demandé à des experts indépendants de participer à des panels, des commissions et des comités consultatifs en concevant ses politiques sur l'environnement.»

Sur plusieurs autres enjeux, les groupes se montrent toutefois loin d'être ravis.

Ils déplorent un manque d'action quant à l'élimination graduelle des énergies fossiles, ainsi que l'appui persistant du gouvernement pour bâtir des oléoducs et élargir la filière des sables bitumineux.

Ottawa et les provinces dépensent environ 3 milliards $ par année sur des mesures visant à aider financièrement l'industrie pétrolière, déplorent les groupes.

Dans leur plateforme électorale de 2015, les libéraux s'étaient clairement engagés à «éliminer les subventions à l'industrie des combustibles fossiles sur le long terme», mais selon le rapport, il y a eu peu de mouvement sur ce front jusqu'à maintenant.

En fait, le gouvernement a prévu certaines subventions pour au moins une dizaine d'années, notent-ils.

De plus, selon eux, le nouveau processus d'évaluation environnementale n'arrive pas à réintroduire de la clarté et de la science dans l'exercice.

Le rapport critique aussi Ottawa pour sa gestion des parcs nationaux, rappelant que près de la moitié des écosystèmes dans les parcs nationaux sont en condition passable, ou faible.

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