POLITIQUE
08/05/2018 13:05 EDT | Actualisé 08/05/2018 13:09 EDT

Justin Trudeau répond aux victimes de la mosquée de Québec en défendant C-71

La GRC est la mieux placée pour décider quels types d'armes à feu doivent être interdites, selon lui.

Chris Wattie / Reuters

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) est la mieux placée pour décider quels types d'armes à feu doivent être interdites, a plaidé mardi Justin Trudeau en réponse à une lettre que lui ont envoyée la veille des blessés de l'attentat de la mosquée de Québec ainsi que les familles des victimes.

À son arrivée à la réunion du conseil des ministres, le premier ministre s'est félicité d'avoir remis entre les mains de la police fédérale, avec le projet de loi C-71, le pouvoir de prendre des décisions en matière de classification des armes au pays.

Il estime qu'aller à contre-courant du gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui avait transféré ce pouvoir «aux politiciens», constitue la meilleure approche, car ces décisions ne devraient pas être «politiques», mais plutôt en fonction «des choix des experts».

Plus de 75 personnes ont déploré, dans une missive envoyée au premier ministre Trudeau, que le projet de loi C-71 n'interdise pas les armes d'assaut comme celle qu'a utilisée le tireur de la mosquée, Alexandre Bissonnette.

«Mais dans quelle société vivons-nous pour tolérer qu'un citoyen ordinaire puisse se donner un pouvoir aussi destructeur et profiter de la faiblesse de nos lois sur la possession d'armes à feu?», écrivent-ils dans la lettre datée du 7 mai 2018.

Le tireur de la mosquée de Québec, un jeune homme qui est âgé de 28 ans, a plaidé coupable en mars dernier à six chefs d'accusation de meurtre au premier degré et six chefs d'accusation de tentative de meurtre.

En janvier 2017, il est arrivé sur les lieux de la mosquée avec une arme longue semi-automatique «Small Arms VZ58 Sporter», qui est légale et non restreinte, ainsi qu'avec deux chargeurs de 30 balles qui, eux, sont illégaux.

«Un problème canadien»

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a abondé dans le même sens, mardi matin, vantant ces dispositions prévues à cet effet dans la mesure législative C-71 sur le contrôle des armes à feu qu'il a déposée il y a quelques semaines.

Peu après, devant un comité parlementaire où il était venu défendre ce projet de loi, il a insisté sur le fait qu'il fallait resserrer les mécanismes de contrôle face à l'augmentation du nombre de crimes commis au moyen d'armes à feu au pays.

Égrenant une série de statistiques, le ministre Goodale a insisté sur le fait qu'il était «évident» qu'il fallait s'attaquer à ce «problème canadien».

Il a par ailleurs tenu à faire valoir que le problème de la violence par arme à feu ne touche pas seulement les centres urbains, mais aussi les zones rurales.

La mesure législative libérale a été bien accueillie par les néo-démocrates, mais elle passe très mal dans les banquettes de l'opposition conservatrice.

Le Parti conservateur et son chef, Andrew Scheer, accusent le gouvernement Trudeau de chercher à réinstaurer un registre des armes à feu par la porte arrière et de s'attaquer sans raison aux propriétaires d'armes à feu respectueux de la loi.

En comité, le porte-parole conservateur en matière de sécurité publique, Pierre Paul-Hus, a soutenu que C-71 ne ferait «rien» pour régler le fléau de la violence par arme à feu des gangs de rues.

«Le mot gang n'apparaît même pas dans le projet de loi», a-t-il noté en adressant une question à Ralph Goodale.