POLITIQUE
07/05/2018 21:38 EDT | Actualisé 07/05/2018 21:38 EDT

Les stationnements de ruelle existants pourront rester, promet le maire du Plateau-Mont-Royal

Les résidents de 34 zones pourront demander un référendum pour se soustraire du moratoire.

Capture d'écran

Le maire du Plateau-Mont-Royal promet que les propriétaires de résidences pourront garder leur stationnement de ruelle. Et ce, même si ces stationnements ont été créés sans permis.

L'administration de Luc Ferrandez a fait face à un barrage de questions sur les stationnements de ruelle lundi, lors de la séance publique du conseil d'arrondissement. Comme nous le rapportions vendredi, M. Ferrandez et son équipe souhaitent empêcher la création de nouveaux espaces pour les voitures dans les ruelles. Or, plusieurs citoyens craignent qu'ils ne puissent faire reconnaître leur droit acquis parce que la majorité des stationnements ont été créés sans permis.

«Tout le monde qui a déjà un stationnement pourra le garder, même sans permis», a promis le maire d'arrondissement.

Le chef de l'urbanisme à l'arrondissement, Michaël Tremblay, a expliqué que, de toute façon, le permis n'est pas nécessaire pour faire reconnaître un droit acquis.

«Quand une situation devient illégale, ce n'est pas le fait de détenir un permis ou un autre document qui donne le droit acquis. C'est le fait que cette situation a déjà été légale», dit-il.

Selon la conseillère de ville Marianne Giguère, les propriétaires n'auront pas non plus à se présenter à l'arrondissement pour faire régulariser leur situation. Lorsqu'ils voudront un permis pour d'autres types de travaux, ils n'auront qu'à prouver à l'aide de photos (par exemple) que le stationnement existait avant l'adoption du règlement interdisant les nouvelles cases.

Citoyens mécontents

M. Ferrandez affirme que le règlement doit permettre la multiplication des ruelles vertes. Selon le maire d'arrondissement, plusieurs demandes de ruelles vertes sont arrêtées parce que quelques propriétaires qui ne possèdent même pas de stationnement s'y opposent.

«Ce n'est pas les 14 demandes de nouveaux stationnements qui motivent notre règlement. C'est les refus de ruelles vertes pour des raisons hypothétiques par des gens qui voudraient peut-être un jour un stationnement», dit-il.

Si ces explications en ont rassuré certains, d'autres ont maintenu leurs critiques à l'égard de l'administration.

«Je suis en faveur du verdissement. Mais pourquoi ça ne pourrait pas être une initiative citoyenne d'avoir une ruelle verte? Pourquoi vous tenez absolument à faire notre éducation?», a lancé un résident du Plateau.

M. Ferrandez a rappelé que son parti milite depuis plusieurs années pour la réduction des voitures en ville et se fait réélire avec cette plateforme. Les arguments écologistes n'ont toutefois pas semblé convaincre les citoyens rassemblés à la Maison de la culture, qui ont souvent rouspété ou même hué les élus.

«Êtes-vous tous climatosceptiques, tout autant que vous êtes?» a lancé ironiquement Mme Giguère.

Réductions de vitesse

Par ailleurs, deux autres mesures affectant les automobilistes ont été annoncées lundi. La voie Camillien-Houde et le chemin Remembrance, qui seront bientôt bloqués à la circulation de transit, verront une diminution de la limite de vitesse pour les autos qui se rendent à l'un des deux stationnements. La limite passera de 50 km/h à 40 km/h.

L'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie a également annoncé la réduction des limites de vitesse sur certaines artères. Le boulevard Pie-IX sera désormais limité à 40 km/h. Le boulevard Saint-Michel et la rue Christophe-Colomb auront des limites de 40 km/h ou de 30 km/h selon les tronçons. La limite de 30 km/h s'appliquera près des écoles et des parcs.

Ces mesures font partie de la stratégie «Vision Zéro» adoptée par l'ex-maire Denis Coderre. L'été dernier, l'ancien maire a invité les arrondissements, qui sont responsables des limites de vitesse, à réduire ces limites à 30 km/h dans les secteurs résidentiels, près des parcs et sur les artères commerciales qui possèdent une seule voie dans chaque direction. Faute de quoi il menaçait de forcer le changement.

Dans les autres zones, les arrondissements sont invités à réduire la limite à 40 km/h, sauf pour quelques exceptions dans les arrondissements périphériques.