POLITIQUE
07/05/2018 05:35 EDT | Actualisé 07/05/2018 05:40 EDT

Denis Coderre songe à revenir à la mairie de Montréal en 2021

Il voudrait suivre les traces de Jean Drapeau plutôt que celles de Sarto Fournier.

Capture d'écran - TVA

L'ex-maire Denis Coderre n'exclut pas un éventuel retour à la mairie de Montréal. En entrevue à l'émission Conversation secrète, il a laissé toutes les portes ouvertes... sauf au fédéral.

TVA a diffusé dimanche la première entrevue de M. Coderre depuis l'adieu post-électoral offert le 8 novembre. La question qui brûlait toutes les lèvres: sera-t-il de retour en 2021 pour reprendre les rênes du pouvoir?

«Je ne sait pas si je vais me représenter. Je fais une introspection en ce moment, une vraie», répond-il à l'animateur Paul Arcand.

M. Coderre estime qu'il est trop tôt pour savoir ce qui se passera dans quatre ans, tout en admettant qu'il regarde attentivement ce qui se passe sur la scène municipale. Il dit être «tombé en amour avec les villes».

Le soir de sa défaite, l'ex-maire avait pourtant fait un trait sur la politique municipale. Il a réitéré son intention trois jours plus tard, en disant qu'il ne jouerait pas «à la belle-mère».

Chose certaine, M. Coderre ne sera pas candidat aux élections provinciales de l'automne. Quant au fédéral: «c'est fini, je ne suis plus là», dit-il.

Coderre persiste et signe

Paul Arcand a questionné M. Coderre sur les dossiers chauds qui ont marqué la fin de son règne. L'ex-maire a défendu ses actions sur toute la ligne, admettant toutefois une importante erreur: il aurait dû dévoiler plus tôt le nombre de billets vendus pour la Formule E.

«C'était une erreur de ne pas dévoiler ces chiffres. En même temps, si on avait donné le nombre de billets vendus, ils auraient trouvé autre chose», dit-il.

M. Coderre estime toujours que la Formule E était «un événement phare» pour la métropole. Il rejette l'idée qu'il a voulu gérer directement ce projet, malgré les commentaires contraires émis par ses anciens partenaires de Montréal c'est électrique (MCÉ).

Rappelons que la mairesse Valérie Plante a mis un terme à la course de Formule E, même si MCÉ s'était déjà engagée pour deux autres éditions. L'organisme a fait faillite quelques semaines plus tard, laissant des dettes dépassant 23 M$.

M. Coderre a défendu son bilan sur les pitbulls, sur sa descente dans l'égout collecteur lors du grand déversement dans le fleuve, ainsi que sur la dalle de Postes Canada qu'il a détruite, entre autres. Même l'appel logé à l'ex-chef de police Marc Parent concernant le journaliste Patrick Lagacé ne figure pas dans sa liste de regrets.

«Je ne vois pas ça comme une erreur. Marc Parent a bien dit à la Commission Chamberland qu'il ne voyait pas ça comme une commande [pour enquêter sur M. Lagacé].

Un maire à bout de souffle

M. Arcand est également revenu sur la campagne désastreuse de l'ex-maire, qui avait une avance confortable sur sa rivale à l'approche de la période électorale.

«J'ai manqué de gaz. Il y a des journalistes qui me disaient que j'avais l'air d'être sur le pilote automatique, et c'était vrai»

M. Coderre rappelle qu'il vivait des moments difficiles à la maison à ce moment. Son fils subissait son procès pour fraude, après avoir fait croire à un vol d'identité pour cacher son utilisation des cartes de crédit familiales.

M. Coderre avait lui-même appelé le chef de police Philippe Pichet pour rapporter le supposé vol d'identité. Un an plus tard, c'est son fils qui était arrêté par la police.

«Mon fils m'a menti parce qu'il avait peur de moi. J'ai incriminé mon propre fils. Toute cette année-là, j'ai eu ça sur les épaules», dit-il à l'animateur.

Cette affaire l'a suivi tout au long de la campagne, tout comme la Formule E, le bannissement des pitbulls et les reportages sur son tempérament.

M. Coderre estime qu'il a été un bon maire, mais qu'il a «peut-être été un mauvais père».

L'entrevue accordée à Paul Arcand peut être vue en différé sur le site de TVA.