POLITIQUE
03/05/2018 10:33 EDT | Actualisé 03/05/2018 15:11 EDT

NPD: Jagmeet Singh expulse Erin Weir du caucus néodémocrate

Erin Weir a fait face à des allégations d'inconduite sexuelle et une enquêteuse indépendante a découvert qu'elles étaient soutenues par des preuves.

Le député néo-démocrate Erin Weir a été expulsé du caucus de son parti à l'issue d'une enquête sur des allégations de harcèlement et de harcèlement sexuel, et parce qu'il a contesté les résultats de cette investigation.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a annoncé jeudi dans le foyer de la Chambre l'expulsion de l'élu de la Saskatchewan. Des "développements récents", a-t-il déclaré, ont démontré que le député n'était pas disposé à prendre une approche de "réhabilitation".

Ces récents développements remontent aux dernières heures.

"Hier (mercredi), il a contesté les résultats de l'enquête, il a attaqué, d'une manière, la personne qui a partagé la plainte. Aussi, il a dévoilé des détails qui peuvent (permettre d') identifier la personne qui a partagé la plainte", a justifié le chef Singh.

Donc, à cause de ça, je ne peux pas avoir confiance dans un espoir de réhabilitation.Jagmeet Singh

"Donc, à cause de ça, je ne peux pas avoir confiance dans un espoir de réhabilitation à cause de ces actions, qui montrent que c'est clair qu'il n'accepte pas la responsabilité pour ce que l'enquête a trouvé", a-t-il enchaîné.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a le rapport en mains depuis environ deux semaines. Le parti refuse de rendre publique l'investigation menée par une enquêteuse indépendante pour des raisons de confidentialité.

Le rapport a conclu "qu'une allégation de harcèlement, et trois allégations de harcèlement sexuel, étaient soutenues par des preuves", a déclaré Jagmeet Singh, qui n'a pas voulu révéler combien de plaintes au total avaient été déposées ou s'étendre sur la nature des gestes reprochés.

Il a déterminé qu'il n'avait "pas su lire les signaux non verbaux dans des situations sociales et que son comportement avait entraîné des conséquences néfastes considérables pour les personnes ayant formulé des plaintes", a expliqué Jagmeet Singh.

"Le rapport montre que, lorsqu'il s'est fait dire que ses avances n'étaient pas désirées, M. Weir s'est arrêté", précise-t-on dans le communiqué annonçant l'expulsion du député, une mesure qui prend effet immédiatement.

Une vendetta, suggère Weir

Dans une déclaration transmise jeudi, M. Weir a jugé que le processus d'enquête comportait des lacunes et que ses conclusions étaient exagérées.

Il a par ailleurs affirmé que M. Singh avait d'abord décidé de lui permettre de réintégrer le caucus.

"À la lecture du rapport, M. Singh a décidé de réintégrer M. Weir en vertu de sa volonté à participer à tout processus de conciliation avec les plaignantes qui souhaiteraient s'en prévaloir et à compléter une formation, une occasion de croissance personnelle que M. Weir a immédiatement acceptée", explique la déclaration du député.

Il ajoute, toutefois, qu'après avoir publiquement affirmé que les allégations originales constituaient une manoeuvre politique, plus tôt cette semaine, la décision a été renversée.

La Presse canadienne/Patrick Doyle
Jagmeet Singh a tenu un point de presse, jeudi matin, pour parler de l'expulsion d'Erin Weir du caucus du NPD.

"M. Singh a alors avisé M. Weir, peu avant minuit le 2 mai, qu'il allait être expulsé du caucus, non pas en raison des conclusions du rapport, mais bien parce que M. Weir a commenté publiquement, ce que M. Singh a jugé inacceptable."

Le député avait publié mardi un communiqué soutenant que la plainte pour harcèlement formulée à son endroit en janvier était infondée et qu'elle constituait de plus une manoeuvre politique pour l'empêcher de faire entendre sa voix discordante sur la taxe sur le carbone.

Il avait allégué que la plainte avait été orchestrée par un membre de l'entourage de l'ancien chef Thomas Mulcair.

C'est l'élue néo-démocrate Christine Moore qui l'a accusé d'avoir harcelé plusieurs femmes, dont des employées du parti. Elle-même a dit ne pas en avoir fait l'objet, mais Jagmeet Singh avait jugé que les allégations étaient assez sérieuses pour suspendre l'élu saskatchewanais.

D'autres cas

Sur la colline du Parlement, les néo-démocrates ne sont pas les seuls à avoir dû composer avec une histoire de nature sexuelle: au début de l'année, libéraux et conservateurs ont aussi été plongés dans la tourmente.

Chez les libéraux, c'est le député Kent Hehr qui a fait l'objet d'allégations d'inconduite sexuelle. Il a démissionné de son poste de ministre lorsque l'affaire a fait surface, mais il est demeuré membre du caucus libéral.

Dans le camp conservateur, c'est la décision des stratèges du parti de donner le feu vert à la candidature du député sortant Rick Dykstra en sachant qu'il était soupçonné d'avoir agressé sexuellement une employée politique en 2014 qui a semé la consternation.

L'enquête sur cette affaire "est toujours entre les mains du vérificateur indépendant", a indiqué une porte-parole du Parti conservateur, Catherine Major. Le chef conservateur, Andrew Scheer, s'est engagé à rendre le rapport public.