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03/05/2018 22:45 EDT | Actualisé 04/05/2018 05:42 EDT

Les chauffeurs de la STM votent pour la grève générale illimitée

Le syndicat dénonce des temps de trajet « irréalistes ».

Olivier Robichaud

Les chauffeurs d'autobus et opérateurs de métro de Montréal se préparent à la guerre. Jeudi, ils ont voté à 99% en faveur de moyens de pression pouvant aller jusqu'à la grève générale illimitée.

La grève sera déclenchée au moment jugé opportun par l'exécutif du Syndicat des chauffeurs d'autobus, opérateurs de métro et employés des services connexes.

Selon le syndicat, le principal point en litige est l'organisation des trajets. Les travailleurs estiment que la Société de transport de Montréal (STM) prévoit des délais trop serrés pour compléter un trajet. Ces délais ne tiendraient notamment pas compte des nombreux chantiers de construction ainsi que de la réduction des limites de vitesse imposée dans différents secteurs depuis quelques années.

L'été dernier, l'ex-maire Denis Coderre a d'ailleurs annoncé que ces réductions seraient étendues à l'ensemble de la ville afin d'avoir un réseau routier plus cohérent.

«Dans de trop nombreux cas, les circuits sont complètement irréalistes. Ces déplacements mal planifiés stressent les passagers, qui passent leurs frustrations sur les chauffeurs. Ils paient le prix pour la mauvaise planification, créant de sérieux problèmes de santé et sécurité au travail», affirme Renato Carlone, président du syndicat des chauffeurs.

Les syndiqués critiquent aussi la gestion des cas de maladie, la planification du transport adapté ainsi que le régime de retraite.

La STM a réagi par voie de communiqué jeudi. Le transporteur «prend acte» de la décision du syndicat et rappelle que la grève ne sera pas pour autant déclenchée. Les négociations se poursuivent.

Si une grève est déclenchée, les syndiqués seront obligés d'assurer les services essentiels. Il y aura donc toujours des départs de métro et d'autobus.

Le syndicat des chauffeurs représente 4500 employés de la STM, qui n'ont pas de contrat de travail depuis le mois de janvier. Il est affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Deux autres syndicats, sur les six que compte la STM, sont également en période de renégociation de la convention collective. Mercredi, le personnel d'entretien a manifesté devant les bureaux de la STM tout en annonçant une grève des heures supplémentaires.