POLITIQUE
03/05/2018 18:08 EDT | Actualisé 03/05/2018 18:08 EDT

Les 13 travaux de Gabriel Nadeau-Dubois

La convalescence de Manon Massé l'a forcé à boire pas mal de potion magique pour l'étude des crédits.

QUÉBEC – Un peu comme les 12 travaux d'Astérix, on a assisté aux 13 travaux du député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois dans la dernière semaine.

Puisque sa collègue Manon Massé est en convalescence jusqu'à la fin mai en raison d'un fémur fracturé, c'est son collègue de Gouin qui a écopé de ses interventions lors des études de crédits à l'Assemblée nationale.

Les échanges ont parfois donné lieu à des moments cocasses, comme sa discussion philosophique avec le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale François Blais concernant la réforme de l'aide sociale, plus tôt cette semaine.

Il l'a questionné sur la théorie du philosophe John Rawls – qui est citée dans les écrits de M. Blais – qui a suggéré que la société ne devrait pas payer un revenu étatique aux «surfeurs de Malibu» qui passent leurs journées à la plage alors que les autres travaillent.

Au total, M. Nadeau-Dubois a donc questionné 12 ministres – dont le premier ministre Philippe Couillard – ainsi que le président de l'Assemblée nationale Jacques Chagnon lors de 13 séances étalées sur huit jours.

On ne sait pas où il prend sa potion magique, mais son village d'irréductibles Gaulois pédale drôlement fort. Pour la suite des choses, voici un article de nos collègues de la section «Bien-être» sur les cache-cernes. (De rien.)

Le HuffPost Québec s'est entretenu avec le député à la ligne d'arrivée de ce petit marathon.

Pourquoi n'avez-vous pas décidé de laisser tomber quelques commissions parlementaires, dans les circonstances?

C'est sûr qu'à chaque année, c'est demandant, les crédits parce qu'on est trois députés, mais il y a la même quantité d'études de crédits pour tout le monde. Là, il y avait des circonstances aggravantes – c'est-à-dire que Manon n'était pas là – alors c'était encore plus intense.

Il y avait beaucoup de débats importants qu'on ne pouvait pas rater, alors je me suis dit : "Let's go, essayons d'en faire le plus possible."

Votre collègue Amir Khadir a appelé à renverser le capitalisme lors de l'étude des crédits avec la ministre de l'Économie Dominique Anglade. Était-ce un endroit approprié pour ce genre de revendication?

On peut l'appeler capitalisme, on peut l'appeler néo-libéralisme, on peut l'appeler exploitation, rendu là, ça ne me dérange pas. La question, c'est : est-ce que ce système-là marche s'il donne à Alain Bellemare 339 fois le salaire de son employé le moins bien payé? Je pense que c'est la preuve que c'est un système qui ne fonctionne pas et qu'il faut le changer.

Oui, les crédits, c'est l'occasion de demander des comptes sur des décisions spécifiques, mais c'est aussi l'occasion de poser des questions générales et plus profondes sur les principes derrière les décisions politiques, sur les fondements. Il faut le faire. Parce qu'on n'a pas d'autre espace pour faire ça, comme parti d'opposition.

Concrètement, qu'est-ce que l'étude des crédits permet de faire? Les partis d'oppositions en profitent-ils pour coincer le gouvernement, faire des gains politiques?

(Mercredi), j'étais aux crédits de la Famille et le ministre (Luc Fortin) a reconnu qu'il y avait un danger sur plusieurs CPE à Montréal, en ce qui a trait à leurs locaux. La CSDM a annoncé qu'elle voulait se départir de plusieurs immeubles excédentaires. Donc, ça met en péril six CPE, dont deux dans mon comté. Je lui ai demandé s'il était inquiet par cette situation-là. Il m'a répondu que oui, il était inquiet, qu'il était en contact avec les CPE en question et que si les CPE avaient besoin d'aide pour acquérir leurs bâtiments, eh bien, ça allait être considéré.

Sur la question de l'environnement, ma collègue Manon suit de près la question des terrains contaminés autour du parc Baldwin et la ministre (de l'Environnement Isabelle Melançon) a reconnu que le gouvernement du Québec avait une responsabilité en matière de passif environnemental – une responsabilité générale, notamment une responsabilité financière.

On ne change pas le monde à l'étude des crédits. Mais on fait avancer des dossiers, on met des débats de l'avant.