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02/05/2018 17:51 EDT | Actualisé 02/05/2018 17:52 EDT

La C Series de Bombardier sera dirigée par un cadre du géant Airbus

Il souhaite redonner «un deuxième souffle» aux ventes de C Series.

PA Wire/PA Images

Le cadre d'Airbus qui prendra les commandes de la C Series compte aller voir "très vite" les fournisseurs de Bombardier dans le but de réduire les coûts de production de l'avion lorsque le partenariat sera finalisé.

Philippe Balducchi, qui sera le chef de la direction de la coentreprise, estime également que la ligne d'assemblage qui sera construite à Mobile, en Alabama, pourrait, de temps à autre, livrer des avions à des clients établis à l'extérieur des États-Unis.

L'actuel chef de la gestion de la performance d'Airbus Avions commerciaux a rencontré les médias, mercredi, en compagnie du président d'Airbus Canada, Simon Jacques, afin de faire le point sur les activités du géant européen au pays.

"Il n'y a pas de raisons pour les fournisseurs d'être inquiets, a tempéré M. Balducchi. Pour avoir plus de succès, il faut être plus concurrentiel et cela générera plus de volume. C'est la règle du jeu de tous les programmes."

Afin d'obtenir des concessions au niveau des prix, Airbus compte faire miroiter une hausse des volumes découlant d'une accélération des ventes de la C Series.

Bombardier devra également mettre l'épaule à la roue, a confirmé M. Balducchi, étant donné que l'avionneur québécois fabrique les ailes de sa famille d'avions commerciaux en Irlande du Nord ainsi qu'une partie du cockpit dans l'arrondissement montréalais de Saint-Laurent.

Celui qui souhaite redonner "un deuxième souffle" aux ventes de C Series a estimé qu'il y avait du "potentiel" pour réduire les coûts du programme.

"Je ne veux pas entrer dans les détails parce que cela va dépendre des fournisseurs, mais certainement, nous allons leur demander des efforts, a dit M. Balducchi. De manière générale on va aller les voir très vite."

Nouvelle équipe

Une fois le partenariat finalisé, avant le milieu de l'année, l'actuel chef de la gestion de la performance d'Airbus Avions commerciaux dirigera depuis le Québec les activités quotidiennes du programme.

Airbus deviendra l'actionnaire majoritaire de la C Series, qui a coûté environ 6 milliards $ US à développer, sans avoir à verser un seul sou. La part de Bombardier passera à 31 pour cent. Celle du gouvernement québécois _ qui a injecté 1 milliard $ US en 2015 _ passera à environ 19 pour cent.

La nomination de M. Balducchi, ainsi que celle de 11 collègues qui dirigeront le programme de la C Series, a été confirmée aux employés de Bombardier par l'entremise d'une note interne qu'a pu consulter La Presse canadienne.

Airbus et Bombardier compteront chacun six membres au sein de l'équipe de direction, mais la gestion, les ventes et le marketing, notamment, seront confiés à des employés du géant européen. Actuellement vice-président du programme de la C Series, Rob Dewar sera le chef du soutien à la clientèle et chef de l'ingénierie.

Fred Cromer, l'actuel dirigeant de la division des avions commerciaux de Bombardier, demeurera en poste au sein de l'avionneur, mais il ne sera plus responsable de la C Series.

Plus loin que les États-Unis?

Avec 348 commandes fermes en date du 31 décembre, M. Balducchi a réitéré qu'une ligne d'assemblage de la C Series aux installations d'Airbus à Mobile, en Alabama, demeurait pertinente.

S'il estime que le marché américain est assez important pour absorber la production, le cadre d'Airbus a néanmoins voulu garder toutes les options ouvertes.

"Si, à une année donnée, nous avons 40 avions à livrer alors qu'on aurait pu en produire 48 et livrer huit appareils ailleurs, je ne vois pas pourquoi on se priverait, a-t-il dit. Cela doit être un outil qui permet de maximiser les ventes de C Series. (La ligne) est évidemment dédiée au marché américain. Nous n'allons pas non plus s'attacher les mains derrière le dos."

Interrogé à savoir si l'on attend la finalisation du partenariat entre Bombardier et Airbus avant d'annoncer des nouvelles commandes de C Series, M. Balducchi s'est montré très prudent dans ses commentaires.

"Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'il y a de l'intérêt sur le produit", a-t-il répondu.

Il s'est également montré évasif quant à la possibilité que la C Series adopte le nom de la famille "A200", comme le suggère l'agence Bloomberg. Un changement d'appellation ferait en sorte que l'avion de Bombardier s'harmoniserait aux autres gammes d'Airbus, comme celle du A320.