POLITIQUE
02/05/2018 07:08 EDT | Actualisé 02/05/2018 10:14 EDT

Accès à l'information: les patrons de presse réclament une nouvelle loi

Les exemples de restrictions à l'information publique se multiplient au fil des ans.

Jacques Boissinot/PC

Les dirigeants des grands médias québécois et la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) réclament la transparence promise par le premier ministre Philippe Couillard et dénoncent du même souffle le voile d'opacité qu'il a au contraire étendu sur l'activité des institutions publiques.

À la veille de la journée mondiale de la liberté de presse, ils rappellent dans une lettre ouverte que M. Couillard avait promis lors de son élection en 2014 d'être «le gouvernement le plus transparent de l'histoire du Québec».

Or, plutôt que de réformer la Loi sur l'accès à l'information tel que promis, le seul geste posé jusqu'ici par le gouvernement libéral fut d'adopter le projet de loi 164, qui est venu restreindre davantage l'accès à certains documents du Conseil exécutif et ce, avec l'appui des deux principaux partis d'opposition.

Par ailleurs, les exemples de restrictions à l'information publique se multiplient au fil des ans et les refus de fournir des documents en invoquant toutes les exceptions offertes par la Loi sans qu'elles ne soient véritablement justifiées sont devenues monnaie courante, tout comme la pratique de caviarder tellement lourdement des documents remis à la presse et au grand public qu'ils en deviennent vides de sens et inutiles.

Les patrons de presse et la FPJQ réclament le dépôt d'un nouveau projet de loi sur l'accès à l'information, qui pourrait être soumis à «un examen approfondi du public et des experts en ce domaine afin de corriger les lacunes actuelles», et son adoption «avant la prochaine élection».

Ils rappellent que, pour le citoyen, «l'exercice d'un droit de vote éclairé repose sur l'information et la transparence du gouvernement et de l'Administration» et que «le gouvernement élu et son bras administratif ont des obligations de reddition de compte».

Selon eux, si la population n'a pas accès à l'information et aux documents des institutions publiques, «ces éléments clés de la démocratie sont corrompus».

Ils citent au passage l'ancienne juge en chef de la Cour suprême, Beverley McLachlin, qui a fait valoir que «le secret despotique a toujours constitué la norme» et que «la démocratie lui fait contrepoids». Le plus haut tribunal du pays a d'ailleurs conféré un statut quasi constitutionnel au droit à l'information.

La Loi sur l'accès à l'information, adoptée en 1982, était vue à l'époque comme une grande avancée, mais les signataires de la lettre ouverte estiment que «l'esprit de la loi (...) n'est plus respecté» et que les gouvernements et les institutions publiques ont choisi au fil des ans d'utiliser toutes les exceptions possibles dans la loi pour refuser l'accès aux documents publics.

La demande s'adresse au gouvernement du Québec, mais pourrait tout aussi bien viser le gouvernement fédéral. Le dernier classement du Center for Law and Democracy, un organisme non gouvernemental, place le Canada au 49e rang mondial sur 112 pays en termes de transparence en 2017, lui qui occupait le 48e rang dans le classement 2016.

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