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30/04/2018 20:30 EDT | Actualisé 30/04/2018 21:14 EDT

Washington reporte sa décision sur les tarifs sur l'acier et l'aluminium

L'administration devrait se positionner le 1er juin.

Leah Millis / Reuters
Le président américain Donald Trump alors qu'il venait d'apposer sa signature sur la proclamation imposant les tarifs sur l'acier et l'aluminium, le 8 mars dernier.

Pour l'instant, d'importants partenaires commerciaux des États-Unis, dont le Canada, ne seront pas frappés par des tarifs douaniers sur leurs exportations d'acier et d'aluminium. La Maison-Blanche a choisi de reporter sa décision au 1er juin.

L'administration Trump a remis à plus tard sa décision visant à déterminer si les États-Unis imposeront des tarifs douaniers sur les importations en provenance de l'Union européenne, du Canada et du Mexique.

Le gouvernement américain a par ailleurs conclu un accord avec la Corée du Sud, et des ententes de principe seront finalisées bientôt avec l'Argentine, l'Australie et le Brésil, a annoncé l'administration Trump.

En mars, le président Donald Trump avait imposé des tarifs douaniers de 25 pour cent sur les importations d'acier et de 10 pour cent sur les importations d'aluminium, mais il avait exempté l'Union européenne et cinq autres pays.

Le Canada avait de bonnes raisons de s'inquiéter, à titre de principal exportateur de ces métaux aux États-Unis. Ottawa espérait obtenir cette nouvelle exemption, comme le Mexique, alors que se poursuivent les négociations pour le renouvellement de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Les tarifs douaniers devaient entrer en vigueur il y a quelques semaines mais le président américain, Donald Trump, avait reporté au 1er mai, par décret, cette mesure.

Le Canada maintient que ces mesures ne peuvent se justifier ni d'un point de vue économique ni d'un point de vue juridique _ et pas même d'un point de vue militaire. L'administration Trump soutient que ces tarifs sont nécessaires notamment parce qu'une trop grande dépendance aux métaux de l'étranger constitue une menace à la sécurité nationale des États-Unis.

Ottawa rétorque que le Canada fournit des métaux au complexe militaro-industriel américain depuis des décennies, que les importations et les exportations d'acier sont essentiellement équilibrées entre les deux pays, et que le gouvernement canadien collabore déjà avec Washington pour éviter tout dumping d'acier en provenance de l'Asie.

On ignore par ailleurs comment il serait possible de gérer de tels tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium dans une industrie aussi intégrée que celle de l'automobile _ où certaines parties du véhicule franchissent plusieurs fois les frontières nord-américaines avant d'être finalement assemblées.

De passage à Vancouver, lundi matin, le premier ministre Justin Trudeau demeurait optimiste. "Il n'y a aucun doute que les deux pays sont aussi intégrés dans leur commerce d'aluminium et d'acier, et ce serait dommage, pas seulement pour le Canada mais pour les États-Unis aussi, de voir des limites ou des tarifs imposés sur ce commerce, a-t-il soutenu.

"Nous continuons de travailler avec l'administration américaine, mais nous restons optimistes que nous allons continuer de pouvoir défendre les bons emplois en acier et en aluminium à travers le pays."