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30/04/2018 17:53 EDT | Actualisé 30/04/2018 17:53 EDT

Les licences de construction obtenues sans véritable formation sont dénoncées

Dans le cadre du Sommet construction, l'APCHQ a critiqué ce phénomène qui prend de l'ampleur et qu'elle juge inquiétant.

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Des entrepreneurs en construction se plaignent d'un phénomène qui prend de l'ampleur: des licences de construction à rabais, obtenues sans véritable formation. Et la ministre Lise Thériault se dit préoccupée du phénomène.

Le problème a été soulevé lundi, dans le cadre du Sommet construction, organisé par l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ).

Si certains parlent d'une «formation rapide» pour obtenir ainsi une licence d'entrepreneur, François-William Simard, vice-président au développement stratégique et aux communications à l'APCHQ, décrit plutôt une situation inquiétante.

«On a vu pousser, émerger un phénomène, dans les dernières années, qui est la formation rapide. Je dis "formation", en fait je ne devrais même pas utiliser le mot formation. Ce sont des séances, ni plus ni moins, où est-ce qu'on donne les réponses aux examens de la RBQ (Régie du bâtiment). Donc, les gens viennent en classe, ils reçoivent les réponses des questions des examens de la RBQ et repartent avec ça. Ça leur permet d'obtenir leur licence de façon assez facile», a relaté M. Simard.

Il a indiqué que le phénomène engendrait beaucoup de préoccupation dans l'industrie de la construction. Les organismes de défense des droits des consommateurs conseillent en effet toujours à ceux-ci de s'assurer que l'entrepreneur avec lequel ils désirent faire affaire détient une licence de la Régie du bâtiment.

Thériault préoccupée

Présente au Sommet construction, la ministre responsable de la Protection des consommateurs et de l'Habitation, Lise Thériault, s'est elle-même inquiétée du phénomène.

«J'ai déjà eu des discussions là-dessus avec les dirigeants de la Régie du bâtiment pour qu'on puisse regarder de quelle autre manière on pourrait faire en sorte qu'on ne s'improvise pas un entrepreneur, qu'on puisse obtenir facilement la licence de la RBQ», a précisé la ministre Thériault.

«On passe des lois; on fait le ménage. On fait en sorte que les gens du crime organisé sortent de l'industrie de la construction, puis de l'autre côté, on va faciliter l'entrée à n'importe qui, de n'importe quelle manière. Moi, je ne suis pas partante avec ça. Je pense qu'il faut vraiment faire en sorte de resserrer ces règles-là», a plaidé la ministre.

Elle a tout de même tenu à se faire rassurante face aux 275 participants au Sommet construction, affirmant qu'elle ne cherchait pas à «alourdir indûment comment faire pour devenir un entrepreneur».

«Mon souci, c'est de faire en sorte que les gens qui reçoivent une licence de la Régie du bâtiment soient des gens qui sont qualifiés, qui sont capables de faire le travail et qui le font d'une manière honnête et correcte et qui, surtout, obtiennent leur licence sur la base d'une vraie formation, et non pas juste "je connais les réponses et tiens, j'ai passé le test"», a résumé la ministre Thériault.

La Régie du bâtiment veille à la qualité des travaux de construction et la sécurité des bâtiments dans une optique de protection du public, indique-t-elle sur son site internet. C'est aussi elle qui veille à la qualification professionnelle et à l'intégrité des entrepreneurs.