POLITIQUE
29/04/2018 19:16 EDT | Actualisé 30/04/2018 15:52 EDT

Valérie Plante fait sa « liste d'épicerie » pour les élections provinciales

La mairesse veut entendre parler d'immigration, de cannabis, d'écoles, d'eau et de l'Est.

La mairesse de Montréal a de grandes attentes pour la métropole dans le cadre de la campagne électorale provinciale. Le cannabis, les écoles et le développement de l'Est, entre autres, font partie de ses priorités.

Dimanche, Mme Plante se trouvait devant ses partisans pour la première fois depuis les élections du 5 novembre. Elle a longuement parlé des réussites et des défis de son administration, mais elle a également profité de l'occasion pour s'adresser aux politiciens à l'Assemblée nationale, entre autres concernant l'immigration.

«Toute proposition politique qui va soutenir la pleine participation des nouveaux arrivants et de ceux qui sont ici depuis longtemps [...] sera bien accueillie. Le contraire le sera beaucoup moins, dans la mesure où il en va de notre économie ici et ailleurs. On veut du talent et ça passe par l'inclusion des nouveaux arrivants», lance-t-elle.

Questionnée à savoir s'il s'agissait d'un avertissement au chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, qui a récemment proposé d'ériger une clôture pour éviter l'arrivée massive de réfugiés en provenance des États-Unis, elle a répondu que non.

Autonomie pour le cannabis

Mme Plante garde aussi jalousement son autonomie en matière de réglementation du cannabis.

«Le cannabis est un sujet important dans la mesure où il a révélé une problématique qu'on ne veut pas laisser filer, c'est à dire notre autonomie comme ville de mtl de décider comment ce règlement va s'appliquer chez nous. On n'acceptera pas qu'un gouvernement nous dise de quelle façon, où, quand et comment on va gérer notre territoire par rapport au cannabis», affirme la mairesse.

Les règles qui dicteront la consommation de cannabis ne sont pas encore arrêtées. Le gouvernement, dans son projet de loi, privilégie des règles semblables à celles entourant le tabac, avec quelques interdictions supplémentaires. Mais la Coalition Avenir Québec, en tête dans les sondages, souhaiterait interdire toute consommation de cannabis en public.

À cela s'ajoute une certaine guerre de juridiction entre Québec et Ottawa. La loi fédérale permet la culture à domicile de quatre plans de cannabis, alors que le projet de loi provincial l'interdit pour laisser le monopole à la future Société québécoise du cannabis (SQC).

Nouvelles possibilités pour les écoles

Valérie Plante souhaite également que Québec assouplisse les règles concernant la construction de nouvelles écoles afin de faciliter leur implantation dans un centre-ville qui en manque cruellement.

«On veut que les différents partis se commettent en fonction de ce qui est nécessaire à Montréal pour faire des écoles. On doit être flexible. Développer une école à Montréal, ça coûte pas mal plus cher qu'à Chibougamau», lance-t-elle.

À ce titre, le ministre de l'Éducation souhaite permettre aux commissions scolaires de louer des espaces pour y implanter des écoles. Actuellement, elles doivent être propriétaires des immeubles.

Mme Plante a réitéré sa promesse d'implanter deux nouvelles écoles dans un éventuel projet de redéveloppement du site de l'ancien hippodrome.

Mme Plante souhaite également voir des promesses pour le développement de l'Est de Montréal, ainsi que des engagements pour redonner aux citoyens le plus grand accès possible aux berges du fleuve Saint-Laurent.

Acceuillie en championne

Le discours de Mme Plante était l'occasion pour elle de renouer avec sa base militante. Réunis dimache au pavillon des sciences de l'UQÀM, les membres de Projet Montréal l'ont chaudement accueillie.

«C'est que depuis que je suis élue c'est la première fois que j'ai pu m'adresser à eux au complet. [...] C'était l'occasion de leur dire que je continue à avoir besoin d'eux pour nous soutenir, nous donner des échos du terrain», dit-elle.

Mme Plante a rappelé tout le chemin parcouru depuis la dernière fois qu'elle s'est adressée à eux au même endroit, soit lors de sa victoire dans la course à la chefferie du parti.

«À pareille date l'année dernière, il n'y a pas beaucoup de monde qui pouvaient nous imaginer au pouvoir. Entre autres parce que nos idées étaient considérées comme étant trop ambitieuses. Parce que je n'avais pas assez de contacts avec Ottawa et Québec. Parce que je n'avais pas assez d'abonnés sur Twitter», a-t-elle ironisé, en référence aux connections et à la forte présence sur les réseaux sociaux de l'ex-maire Denis Coderre.

Certains membres avaient tout de même des reproches à formuler à l'égard de l'administration Plante. Selon des commentaires recueillis par Radio-Canada, ils n'ont pas aimé l'appui donné au RÉseau express métropolitain, ni le report du salaire minimum de 15$ pour les employés de la Ville.

L'opposition à la recherche d'une identité

Parallèlement, les élus de l'ancien parti de Denis Coderre, devenu «Ensemble Montréal», se sont réunis dimanche pour un premier «caucus stratégique».

Ensemble Montréal se cherche une identité depuis la défaite et le départ de la vie politique de l'ex-maire Coderre. Selon un communiqué émis dimanche, les élus se sont prononcés sur une vision stratégique qui, à terme, permettra au parti d'ffrir une alternative politique viable à Projet Montréal.