DIVERTISSEMENT
29/04/2018 22:16 EDT | Actualisé 30/04/2018 09:38 EDT

Stéphane Langdeau fait le point à la suite de sa démission de RDS

«On se bat pendant 30 ans pour établir une crédibilité, notre intégrité, et deux lettres peuvent tout changer...»

Le 23 mars dernier, Stéphane Langdeau a quitté RDS après 14 ans de loyaux services et près de huit ans à la barre de l'émission L'Antichambre, après que l'ancien animateur radio Gary Daigneault eut déposé une plainte contre lui après s'être senti «ultra-menacé» à la suite d'une conversation téléphonique.

Le 26 février dernier, Daigneault publiait un message sur ses réseaux sociaux contre un journaliste sportif qu'il accusait d'être un prédateur sexuel.

De passage à Tout le monde en parle, ce dimanche 29 avril, Stéphane Langdeau a fait le point quant aux circonstances troubles l'ayant poussé à remettre sa démission.

J'ai vécu pendant une semaine avec une boule en animant L'Antichambre, parce que je savais que des gens me regardaient et se disaient : «c'est lui le prédateur sexuel».Stéphane Langdeau

«Le message au départ s'adressait à Stéphane Leroux», explique Langdeau. «Au bout de quelques jours, le nom a changé et est devenu ''S.L.'', qu'on accusait d'être un prédateur sexuel qui aurait commis des actes auprès de cinq femmes, dont deux étaient mineures au moment des faits.»

Stéphane Leroux a évidemment réfuté les allégations de Gary Daigneault, qu'il a qualifiées de diffamatoires et a intentées une poursuite contre ce dernier. Mais Daigneault n'en est pas resté là.

«À partir de ce moment-là, les gens ont commencé à faire des rapprochements avec l'animateur de L'Antichambre», poursuit-il. «Et s'il n'y a pas de photo, on peut faire des rapprochements avec Stéphane Langdeau. Il y a même eu un rapprochement qui a été fait avec un Sylvain Lefebvre, qui travaille pour Cogeco, le FM93 à Québec.»

Langdeau a été encouragé par ses collègues à réagir avant que les choses ne dérapent, mais ce dernier a décidé de ne pas en faire de cas. Lorsqu'il a été identifié comme le «Gilbert Rozon de RDS», il est sorti de ses gonds.

«J'ai vécu pendant une semaine avec une boule en animant L'Antichambre, parce que je savais que des gens me regardaient et se disaient : c'est lui le prédateur sexuel. Et c'est la raison pour laquelle j'ai appelé Gary Daigneault pour lui demander de retirer les initiales et marquer le vrai nom, parce qu'il était en train de détruire ma crédibilité, mon intégrité, ma famille et ma vie», confie l'ancien animateur.

C'est après que Daigneault eut refusé de remettre le nom de Stéphane Leroux que les choses ont dérapé. «La conversation s'est un peu envenimée», confirme Langdeau. «Je l'ai menacé, oui. Et mercredi j'ai reçu la confirmation du palais de justice de Saint-Hyacinthe que ma plainte ne serait pas judiciarisée. Alors mon nom est blanchi. À partir de maintenant, je peux respirer un peu mieux.»

On se bat pendant 30 ans pour établir notre crédibilité, notre intégrité, et deux lettres peuvent tout changer.Stéphane Langdeau

Stéphane Langdeau a également expliqué qu'il avait pris lui-même la décision de quitter les ondes. «Avec ma femme, on a élaboré, échafaudé, plein de scénarios. Dans aucun des scénarios je sortais gagnant. Je perdais tout le temps [...] Avec les réseaux sociaux, c'est clair qu'il y a quelqu'un qui va ramener ça un moment donné. J'aurai toujours une épée de Damoclès au-dessus de la tête.»

Il a également révélé que cette histoire l'avait beaucoup bouleversé, car une fille de son entourage avait été agressée sexuellement l'année dernière. «J'ai vu la douleur, l'incompréhension dans les yeux des parents quand une chose comme ça se produit.»

Questionné à savoir s'il regrettait de s'être emporté de la sorte, Langdeau a expliqué qu'il ne s'agissait, certes, pas du moment le plus glorieux de sa carrière, mais qu'il était «juste un être humain», revendiquant son droit de s'emporter quand on touche à sa personne et à son intégrité. «L'intégrité, la crédibilité, ça vaut bien de l'argent», a-t-il philosophé.

Quant à un éventuel retour sur les ondes de RDS (ou même de TVA Sports ou du 98,5 FM), il répond : «Si l'offre est là, pourquoi pas?» Ce dernier a enfin profité de sa présence sur le plateau de Guy A. Lepage pour s'indigner contre la diffamation et l'intimidation sur les réseaux sociaux et les conséquences graves et les gestes irréparables qu'elles peuvent engendrer.

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