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29/04/2018 16:36 EDT | Actualisé 29/04/2018 16:36 EDT

Le pape a reçu trois victimes d'un prêtre pédophile chilien

«Ma rencontre d'aujourd'hui avec le pape a duré plus de deux heures et demi. Je suis ému.»

Max Rossi / Reuters

Le pape François a reçu depuis vendredi soir trois hommes, victimes d'un prêtre pédophile chilien, dossier qui avait miné sa visite dans ce pays d'Amérique latine en janvier.

"Ma rencontre d'aujourd'hui avec le pape a duré plus de deux heures et demi. Je suis ému. Il m'a écouté avec un grand respect, avec affection et proximité, comme un père", a tweeté Juan Carlos Cruz, qui a rencontré le pape dimanche.

"Nous avons approfondi de nombreux sujets. Aujourd'hui, j'ai davantage d'espoir pour notre Eglise, même si la tâche est énorme", a-t-il conclu.

Jose Andrés Murillo s'est également entretenu durant deux heures avec le pape vendredi soir. "Je lui ai exprimé de manière respectueuse et franche l'importance de comprendre l'abus (sexuel, ndlr) comme un abus de pouvoir", a-t-il écrit sur son compte Twitter, précisant avoir aussi abordé "la nécessité d'assumer les responsabilités (...) pas seulement le pardon".

James Hamilton, reçu samedi, a lui évoqué sur Twitter "une rencontre de plus de deux heures avec le Saint Père, sincère, chaleureuse et très constructive".

Ces trois victimes avaient été invitées personnellement par le pape François. Elles devraient tenir une conférence de presse commune mercredi.

Greg Burke, le porte-parole du Vatican, avait fait savoir dès vendredi soir que le pape argentin ne prévoyait aucune déclaration officielle.

La priorité du pape est "d'écouter les victimes, leur demander leur pardon et respecter la confidentialité de ces conversations", avait précisé ce porte-parole dans un communiqué.

Les représentants des victimes espèrent apporter leur contribution pour endiguer "une culture de l'abus et de la dissimulation parmi les évêques de l'Eglise" catholique, avait commenté Juan Carlos Cruz, qui vit désormais aux Etats-Unis, avant la rencontre.

Le voyage du pape au Chili du 15 au 18 janvier avait été miné par le dossier de la pédophilie au sein du clergé chilien. Le pape avait été critiqué pour avoir défendu avec force l'évêque chilien Juan Barros, pourtant soupçonné d'avoir tu les crimes du vieux prêtre pédophile Fernando Karadima dans les années 1980 et 1990, condamné par la justice vaticane en 2011. Il a été contraint de se retirer pour une vie de pénitence.

François a reconnu début avril avoir commis de "graves erreurs" d'appréciation de la situation au Chili, après avoir lu les conclusions d'une enquête qu'il avait diligentée sur des abus sexuels commis par le clergé.