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28/04/2018 13:34 EDT | Actualisé 28/04/2018 13:34 EDT

Une oeuvre de rue pour souligner les émeutes de la conscription de 1918 disparaît rapidement

L'artiste Wartin Pantois voulait souligner le centième anniversaire de l'événement.

Courtoisie

L'artiste engagé de Québec, Wartin Pantois, a vu une de ses oeuvres engagées être collée, puis enlevée, le plus rapidement jamais noté.

Celui que plusieurs considèrent comme le Banksy de Saint-Roch, au centre-ville de Québec, avait décidé de souligner les émeutes de la conscription dans la capitale à l'aide de collages sur un mur d'un édifice de la rue Dorchester, entre le boulevard Charest et la rue Notre-Dame-des-Anges.

L'artiste s'était allié à l'organisme La Lanterne, un collectif de service-conseil en histoire populaire à Québec, pour commémorer l'événement dont la Fondation Lionel-Groulx estime qu'il s'agit de l'une des 10 journées qui ont fait le Québec.

«J'ai peint les personnages rapidement et à grands traits, dans une certaine agitation, comme pour être dans l'état d'esprit des émeutiers, réactifs et combatifs. J'ai utilisé de la peinture blanche sur du papier noir pour donner un aspect fantomatique aux personnages, comme si l'histoire devait revenir hanter un peu ceux qui voudraient l'oublier!», a précisé par voie de communiqué Wartin Pantois.

Galerie photoWartin Pantois souligne les émeutes de la conscription de 1918 Voyez les images

Or, l'artiste a informé le HuffPost Québec que l'oeuvre de commémoration n'avait pas fait long feu. «C'est vraiment plusieurs heures de travail, peinture sur papier, détruite en quelques minutes», a-t-il déploré.

«Ce fut toute une aventure, l'oeuvre a été détruite dans les heures qui ont suivi la pose. J'ai alors lancé une campagne de distribution d'affiches dans les boîtes à bouquins du quartier. 100 affiches pour commémorer les 100 ans des émeutes contre la conscription. La réponse a été telle qu'il ne reste que quelques affiches!», s'est-il tout de même réjoui.

Wartin Pantois ignore qui a pu enlever le collage aussi rapidement. «Certains amis ont émis l'hypothèse d'une censure, d'autres le propriétaire du mur... Ça peut aussi être un simple passant, car le collage n'était pas encore sec», a-t-il évalué.

Les émeutes contre la conscription

Des milliers de personnes ont pris part aux émeutes contre la conscription à Québec pendant la Première Guerre mondiale, qui se sont déroulées du 28 mars au 1er avril 1918. Aujourd'hui, un monument commémoratif, Québec, Printemps 1918 est érigé coin Bagot et Saint-Vallier à la mémoire de quatre personnes abattues par l'armée à l'issue de ces cinq jours d'agitation.

La Lanterne a profité de l'installation du collage pour dévoiler un site internet sur l'événement.

Pas une première pour Pantois

L'artiste engagé n'en est pas à sa première exposition de rue. Celui qui préfère conserver son anonymat a déjà installé des collages dans le quartier Saint-Roch pour dénoncer des projets immobiliers qui visent, selon lui, à modifier le profil socio-économique du quartier, pour montrer le côté accueillant face aux immigrants de la capitale, ou encore en signe d'appui à l'implantation d'un site d'injection supervisé.