BIEN-ÊTRE
27/04/2018 14:48 EDT | Actualisé 27/04/2018 14:50 EDT

Scarlett James, le burlesque à l’état pur

Entretien avec la reine québécoise du burlesque qui fête ses 10 ans sur scène.

Samedi 28 avril, pour un soir seulement, Scarlett James s'apprête à monter sur les planches pour célébrer ses dix ans de carrière. Dans le spectacle Scarlett Grande Revue, en forme d'hommage aux années 1940, la reine québécoise du burlesque a invité des artistes de tous les horizons pour un rendez-vous multidisciplinaire scintillant. Rencontre.

Thierry Quenette

Elle nous reçoit dans son atelier situé au sous-sol de sa maison. Accompagnée de son adorable yorkshire, Scarlett James – productrice du festival burlesque de Montréal – ne peut cacher son impatiente de se retrouver bientôt sur la scène du Club Soda.

«Le spectacle va mettre à l'affiche les années 1940 à Montréal, lance-t-elle en entrevue. À cette époque liée à la prohibition aux États-Unis, la ville a vécu un énorme boom artistique. Les gens venaient trouver un havre de paix à travers une incroyable vie nocturne. Les plus grands de ce monde se sont d'ailleurs retrouvés à un moment ou à un autre à l'intérieur d'une des multiples salles de spectacle du célèbre Red Lightcomme Édith Piaf, Cab Calloway ou Charles Aznavour.»

Marisa Parisella

Le Scarlett Grande Revue sera donc l'occasion d'un retour à la grande époque du cabaret à Montréal, le tout animé par un maître de cérémonie et agrémenté par les sonorités du groupe des Séparatwists. «Il y aura sur place un orchestre dont la musique va refléter l'ambiance jazz, classique et blues de l'avant-guerre. Même le décor fera un clin d'œil à cette effervescence. Il sera aussi question de variété avec la participation d'une belle brochette de personnalités issues de plusieurs univers artistiques.»

Du cirque, de l'humour et de la magie, Scarlett James voulait cette diversité des arts comme un moyen d'aborder le burlesque par plusieurs points de vue. «Je vais offrir une dizaine de numéros. Le public va assister à une sélection de mes meilleures prestations, celle que je préfère aussi. C'est comme un trou normand au cours d'un repas bien garni. On se rince le palais pour continuer à apprécier les saveurs qui vous sont présentées. Avec le burlesque, c'est la même chose, car cela permet à chacun des numéros d'être apprécié à leur juste valeur.»

Martin Duerr

#MeToo et le burlesque

Un spectacle bourré de surprises, promet-elle. Les noms connus défilent déjà. La sirène du tissu aérien Anouk Vallée, l'acclamée Lady Joséphine, sans oublier Lexxi Brown, Loulou la Duchesse, Audrey Ivory. Et puis bien entendu, la présence de Scarlett James. «On va retrouver mon style, un burlesque classique dans l'art et le jeu de la séduction. Je ne vais pas non plus faire l'économie de la légèreté et la sensualité. Mon intention n'est pas de mettre le public mal à l'aise. On reste dans le rêve et le glamour.»

Avec son spectacle ouvert à tous, en couple ou pas, elle souhaite surtout offrir un moment de détente. «On vit dans un monde où l'on constate bien qu'il faut toujours pousser et choquer les gens afin d'obtenir une réaction. C'est bien, mais dans mon cas, j'ai plutôt envie de leur accorder un moment de pause où les gens sont là simplement pour apprécier une belle soirée sans avoir à se casser la tête.»

Alessandro Ardy

Toutefois, Scarlett James ne s'estime pas hors du temps. Elle veut faire un art collé aux problématiques de son époque. Et depuis le mouvement #MeToo et les nombreuses dénonciations de harcèlements et d'agressions sexuelles, l'artiste estime le burlesque encore plus nécessaire aujourd'hui.

Ainsi, le spectacle fera passer quelques messages qu'elle croit importants. «Montrer une femme qui va faire un effeuillage sur la scène sans être un objet sexuel, explique-t-elle. J'incarne une femme en pleine possession de ses moyens, de son corps et de sa sexualité. En se respectant soi-même, on inspire le respect des autres. L'art est un médium de communication nécessaire. J'essaye juste d'apporter ma petite contribution», conclut-elle.

Scarlett James Grande Revue, le 28 avril 2018 à 20h00 au Club Soda, 1225, boulevard Saint-Laurent.

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