POLITIQUE
26/04/2018 13:34 EDT | Actualisé 26/04/2018 16:49 EDT

Le Parti québécois refuse de s’opposer à l'érection de murs à la frontière

«Est-ce que Jean-François Lisée a encore changé d’idée?» se demande Gabriel Nadeau-Dubois.

LA PRESSE CANADIENNE
Le chef du PQ a lancé l'idée de construire une clôture, pour ensuite nuancer ses propos.

QUÉBEC – Le Parti québécois a refusé d'appuyer une motion de Québec solidaire pour s'opposer à «l'érection de murs frontaliers» - une idée avec laquelle le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a flirté la veille.

Le député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, enjoignait ses collègues de l'Assemblée nationale à clarifier la position du Québec sur cette idée qui rappelle la promesse du président américain, Donald Trump, de faire construire un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

La motion en question :

«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que c'est notamment par la lutte aux changements climatiques, la promotion de la paix, la lutte aux inégalités sociales, la coopération internationale et l'adoption de politiques sociales et économiques inclusives, et non par l'érection d'obstacles physiques aux frontières, que les pays développés relèveront le défi que constitue l'existence de flux migratoires importants;

Que l'Assemblée nationale s'oppose aux solutions reposant, au Québec comme ailleurs, sur l'érection de murs frontaliers.»

Le Parti libéral du Québec, le Coalition avenir Québec, Québec solidaire et le député indépendant de Groulx, Claude Surprenant, ont proposé d'adopter la motion sans débat. Mais le PQ s'y est opposé.

M. Nadeau-Dubois s'est désolé de ce refus. «Au lieu de défendre la déclaration maladroite de son chef, le Parti québécois aurait dû se rendre à l'évidence: construire des murs ne règle rien. Le flou persiste donc sur la position du Parti québécois. Est-ce que Jean-François Lisée a encore changé d'idée?»

Par la suite, le PQ a précisé qu'il n'était pas d'accord avec le libellé tel qu'écrit par QS, puisqu'il impliquerait une absence de postes frontaliers.

Lisée convaincu que le temps lui donnera raison

Mercredi, le chef du PQ a demandé la suspension de l'entente des tiers pays sûrs, mais aussi de bloquer l'accès au chemin Roxham en Montérégie, lieu d'entrée d'une majorité de migrants, à l'aide d'une clôture. Il a même lancé à la blague que c'est le Mexique qui allait payer pour.

Il a par la suite nuancé ses propos sur Twitter et dans une deuxième mêlée de presse pour dire que ce pourrait être une petite clôture comme celle qu'on retrouve dans les écoles ou encore une haie de cèdres.

M. Lisée a maintenu en entrevue au FM 98,5 que le temps lui donnera raison, comme ça a été le cas avec sa déclaration controversée, où il traitait les migrants d'«invités de Trudeau».

Le National Post dévoilait que c'est bel et bien le fameux tweet du premier ministre canadien en janvier 2017 qui a incité les migrants haïtiens en provenance des États-Unis à chercher refuge au Canada et qui a causé la confusion au sein de l'appareil fédéral.

«Clôture? Police montée? Kiosque d'information? Peu importe la formule, mais on ne peut pas ne rien faire. Alors là, les gens sont scandalisés, mais vous allez voir, dans un an, ils vont dire: "Ouais, Lisée avait raison. Il faut bien faire quelque chose"», a affirmé M. Lisée sur les ondes du programme matinal de Paul Arcand.

Pas d'appuis à Québec ou Ottawa

Le ministre de l'Immigration, David Heurtel, a déploré la «solution simpliste» du chef péquiste à une situation complexe. La CAQ a plutôt tourné la proposition de M. Lisée au ridicule, lui suggérant même d'y aller avec un «nain de jardin».

À Ottawa, le premier ministre Trudeau s'est contenté de rouler les yeux en entendant la proposition de M. Lisée, selon La Presse. Les conservateurs quant à eux ont fermé la porte à cette idée.

Avec La Presse canadienne.

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