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25/04/2018 06:26 EDT | Actualisé 25/04/2018 06:26 EDT

Devant l'inaction des géants, les ministres du G7 veulent faire du ménage sur internet

La pression augmente pour éradiquer les contenus liés aux terroristes ou au prédateurs sexuels, notamment.

FangXiaNuo via Getty Images
Les ministres cherchent à éviter que les plateformes soient exploitées par des terroristes, des prédateurs sexuels, des trafiquants de personnes et des pourvoyeurs de fausses nouvelles.

Le Canada et ses partenaires du G7 ont prévenu les géants de l'internet dans le monde, mardi, d'en faire plus pour éliminer le contenu «vil» sur leurs plateformes et ont brandi la menace de mesures contraignantes s'ils échouent dans cette tâche.

Le ministre canadien de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a affirmé que ses homologues d'autres pays du G7 et lui-même ont livré ce message lors de leur rencontre avec des représentants de Google, Facebook, Twitter et Microsoft. Ils ont demandé aux géants de l'internet d'agir de manière plus efficace pour éviter que leurs plateformes soient exploitées par des terroristes, des prédateurs sexuels, des trafiquants de personnes et des pourvoyeurs de fausses nouvelles.

«Le message est: accélérons le rythme des améliorations que nous devons voir pour nous débarrasser de ce matériel vil», a dit M. Goodale.

«Et si nous ne voyons pas le rythme s'accélérer suffisamment, alors nous nous réservons le droit de prendre d'autres mesures. Et je crois que les entreprises ont entendu ce message haut et fort», a-t-il ajouté.

Au lendemain de l'attaque au camion bélier dans la métropole canadienne, les ministres responsables de la sécurité dans les pays du G7 étaient réunis mardi à Toronto pour discuter de menaces qui proviennent celles-là des coins les plus sombres d'internet.

M. Goodale a été assailli de questions sur la tragédie de Toronto, mardi matin, par ses homologues du G7, qui lui ont offert aide et soutien.

Gunter Krings, secrétaire d'État parlementaire du ministre allemand de l'Intérieur, a notamment rappelé que l'attaque de lundi était similaire à celle qui a eu lieu à Münster, en Allemagne, il y a trois semaines.

Un véhicule avait foncé dans une foule sur plusieurs terrasses de café et de restaurants, faisant deux morts et une vingtaine de blessés. La police a écarté la thèse de l'attentat terroriste.

Lundi après-midi, une camionnette a fauché plusieurs piétons sur les trottoirs de Toronto, faisant 10 morts et 14 blessés. M. Goodale a maintenu mardi qu'à ce stade — précoce — de l'enquête, rien ne permet de croire que cette attaque au camion bélier puisse être liée à une menace à la sécurité nationale.

Le niveau de menace terroriste au Canada est d'ailleurs demeuré inchangé, à «modéré», depuis la tragédie de lundi. Alek Minassian, âgé de 25 ans, a été accusé de 10 chefs de meurtre au premier degré et 13 chefs de tentative de meurtre, mardi matin, mais il ne fait pas face à des accusations liées au terrorisme.

Au dernier jour de leur rencontre, les ministres de la Sécurité publique ou de la Sécurité nationale des pays du G7 discutaient surtout, mardi, de radicalisation violente et du rôle du «web caché» dans l'endoctrinement, la formation, la propagande et le financement de ces activités.

M. Goodale a indiqué que cette discussion avec les géants de l'internet avait été amorcée l'an dernier pendant la présidence italienne du G7, et que cette question demeure toujours urgente.

Le secrétaire d'État Krings a rappelé mardi que le gouvernement allemand avait adopté la ligne dure face aux fournisseurs de services internet, et à ce qu'ils peuvent héberger sur leurs sites. «Les entreprises n'ont pas beaucoup apprécié, mais il est clair que les normes (...) ne peuvent être établies par des contrats privés: elles doivent l'être par des législateurs démocratiquement élus, qui déterminent ce qui constitue un libelle, une diffamation, et jusqu'où on peut aller, même dans une société ouverte.»

Les ministres du G7 responsables de la sécurité sont réunis depuis dimanche à Toronto en prévision du sommet officiel des chefs d'État et de gouvernement, qui se tiendra les 8 et 9 juin au Manoir Richelieu de La Malbaie, dans Charlevoix.