POLITIQUE
25/04/2018 12:43 EDT | Actualisé 25/04/2018 14:47 EDT

Couillard a agi de façon «condescendante» et «paternaliste» selon Hivon

Elle déplore la façon dont il a traité la députée péquiste Catherine Fournier.

LA PRESSE CANADIENNE
La vice-chef a défendu sa collègue, qui a croisé le fer avec le premier ministre lors de l’étude des crédits 2018-2019 des programmes jeunesse du gouvernement.

QUÉBEC – La vice-chef du Parti québécois, Véronique Hivon, accuse le premier ministre Philippe Couillard d'avoir agi de façon «condescendante» et «paternaliste» en attaquant la forme et non le contenu des questions de sa collègue Catherine Fournier.

La plus jeune députée de l'Assemblée nationale a questionné le premier ministre lors de l'étude des crédits 2018-2019 des programmes jeunesse du gouvernement, mardi soir. M. Couillard s'est décerné le portfolio de la jeunesse, ce qui explique pourquoi il était sous les feux des projecteurs.

Il a été particulièrement piqué au vif lorsque la jeune députée lui a demandé pourquoi la majorité des jeunes de moins de 35 ans nommés aux conseils d'administration des sociétés d'État depuis 2016 avaient des liens avec le Parti libéral du Québec (PLQ).

Comme jeune député, je trouve que la réaction du premier ministre était inacceptable.Simon Jolin-Barrette, député de la CAQ

Selon les chiffres du PQ, sur un total de 11 nominations réalisées depuis 2016, six jeunes administrateurs ont des «liens directs» avec les libéraux, puisqu'ils ont été attachés politiques ou membres de l'aile jeunesse du parti.

«Je suis excessivement déçu d'entendre la plus jeune députée de l'Assemblée se comporter de cette façon. Je pensais entendre de sa part la politique faite autrement», a répondu M. Couillard, qui soutient que la compétence était le critère retenu pour le choix des candidats.

Il a également reproché à Mme Fournier, qui est âgée de 26 ans, de vouloir «pénaliser les jeunes qui s'engagent».

La réaction des partis d'opposition

Mme Hivon a réagi mercredi matin en disant que la réponse du premier ministre n'était «vraiment pas adaptée» au contexte. «Il faisait comme si ce n'était pas une question importante alors que ce que Catherine Fournier a fait ressortir est très grave, très percutant, très pertinent.»

«J'ai trouvé que le premier ministre était très condescendant et très paternaliste et ce n'est pas le genre d'attitude qu'on souhaite», a poursuivi la vice-chef du PQ.

Le député de la Coalition avenir Québec (CAQ), Simon Jolin-Barrette, lui aussi un jeune élu, a déploré que le premier ministre ait regardé Mme Fournier «de haut» au lieu de répondre à ses questions «tout à fait légitimes» sur les nominations partisanes.

«Comme jeune député, je trouve que la réaction du premier ministre était inacceptable. Ce n'est pas normal qu'un chef de gouvernement ait cette attitude-là envers Mme Fournier, qui fait bien son travail», a poursuivi M. Jolin-Barrette. Il croit que M. Couillard devrait s'excuser.

Amir Khadir, de Québec solidaire, n'a pas vu l'échange en question, mais ne se dit pas étonné de voir le gouvernement libéral faire du «favoritisme» dans ses nominations.

Couillard se défend

Questionné à ce sujet, le premier ministre a répliqué que son gouvernement fait «énormément moins» de nominations partisanes que les administrations du PQ avant lui. Il ne s'est pas non plus excusé d'avoir rabroué Mme Fournier.

«On ne peut pas attaquer les gens sans mettre en doute leurs compétences. Elle n'a pas été capable de mettre en doute les compétences des personnes qu'elle a nommées, tout simplement. C'est ce que j'ai mis en lumière.»

Pour voir une partie de l'échange, c'est par ici:

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