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25/04/2018 12:25 EDT | Actualisé 25/04/2018 12:27 EDT

Alexandre Bissonnette aurait tenu des propos offensants à l'égard d'Aymen Derbali

Le juge se pose d'ailleurs des questions sur l'empathie de Bissonnette envers les autres.

Mathieu Belanger / Reuters
Photo d'archives d'Alexandre Bissonnette.

«L'esti, je peux pas croire qu'après sept balles il soit pas mort.»

C'est ce qu'Alexandre Bissonnette aurait affirmé à un autre codétenu après avoir vu un reportage à propos d'Aymen Derbali à la télévision. Derbali, l'une des victimes de Bissonnette, est maintenant tétraplégique et une campagne a permis d'amasser 400 000 $ pour lui trouver une maison adaptée.

Bissonnette aurait ajouté ceci: «Il va se faire donner une maison et ma famille n'aura rien.»

La Presse canadienne/Francis Vachon
Aymen Derbali

Le juge François Huot a fait remarquer mercredi matin que Bissonnette est demeuré impassible lors des témoignages "à glacer le sang" des proches des victimes de la mosquée de Québec, mais il s'est mis immédiatement à pleurer lorsqu'il était question de sa famille.

Il a tenu ces propos à la psychiatre légiste Marie-Frédérique Allard, alors qu'elle était contre-interrogée par le procureur de la Couronne François Godin au sujet de ce qu'il considère être un manque d'empathie de Bissonnette envers ses victimes.

Le juge Huot a dit avoir de la difficulté à voir une progression de son empathie envers les autres, une position mise de l'avant par l'experte.

Par ses questions, Me Godin dresse un portrait de tireur de la grande mosquée de Québec, le décrivant comme un jeune homme sans empathie, menteur et manipulateur.

Bissonnette a été déclaré coupable de six meurtres et de six chefs de tentative de meurtre.

Les audiences qui se déroulent actuellement en Cour supérieure visent à déterminer sa peine, soit la durée de sa période d'incarcération.

La psychiatre, dont les services ont été retenus par la défense, a témoigné qu'elle croit que Bissonnette a réalisé certains progrès au niveau de l'empathie, bien qu'ils ne soient pas énormes, mais qu'il a la capacité de la développer. Elle parle d'un potentiel sur 25 ans, précise-t-elle, soit la peine minimale dont il pourrait écoper.

Le 29 janvier 2017, Alexandre Bissonnette a fait irruption dans la grande mosquée de Québec, abattant six hommes, et faisant plusieurs blessés.