POLITIQUE
24/04/2018 21:32 EDT | Actualisé 24/04/2018 21:32 EDT

À Yves St-Denis de décider s’il démissionne ou non, dit Philippe Couillard

Au moins trois femmes accusent le député d’Argenteuil de comportements inappropriés.

Assemblée nationale du Québec
Il pourrait empocher une prime de départ d'environ 60 000$ s'il termine son mandat.

QUÉBEC – Le premier ministre Philippe Couillard n'a pas voulu se mouiller sur l'avenir politique du député d'Argenteuil, Yves St-Denis, qui s'est retiré du caucus libéral la semaine dernière après des allégations de comportement inapproprié.

Le HuffPost Québec rapportait mardi que l'une ses victimes alléguées, Marjorie Bourbeau, une ancienne conseillère municipale à St-Adolphe-d'Howard, a porté plainte à la police pour une présumée agression survenue chez elle. M. St-Denis réfute ces allégations, ainsi que toutes les autres.

Lors d'une mêlée de presse, en journée, M. Couillard a refusé de dire si son ancien député devrait démissionner de son poste avant la fin de son mandat et donc se départir d'une prime de départ dans les environs de 60 000$.

«M. St-Denis n'est plus membre de notre caucus, c'est un député indépendant. Vous lui demanderez, c'est sa décision», s'est contenté de répondre M. Couillard en réponse à notre question.

Au moment de publier, M. St-Denis n'avait toujours pas répondu à notre demande d'entrevue.

Une employée libérale a accusé M. St-Denis de lui avoir envoyé une photo pornographique dans un contexte de travail en 2014. Les allégations, dévoilées par Cogeco Nouvelles, ont provoqué le retrait du député d'Argenteuil du caucus libéral.

Par la suite, le HuffPost Québec révélait que sa cousine Nathalie l'accuse d'avoir procédé à des attouchements sexuels, alors qu'elle était mineure.

Les réactions des partis d'opposition

Les révélations des derniers jours sur M. St-Denis, combinées à celles à propos de son collègue de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos – qui a approché une jeune militante libérale alors qu'elle n'avait que 15 ans – ont provoqué de vives réactions parmi les partis d'opposition.

«Être député, ce n'est pas un travail comme un autre. Notre fonction exige d'avoir une certaine hauteur. Je crois qu'ils doivent démissionner», a réagi Manon Massé, porte-parole de Québec solidaire.

Le Parti québécois croit également que M. Sklavounos devrait «poser le geste qui s'impose» et quitter l'Assemblée nationale avant de se faire indiquer la porte. Ce dernier devrait empocher une prime d'environ 115 000$ s'il termine son mandat et ne se représente pas aux prochaines élections.

Le chef Jean-François Lisée n'avait cependant pas pris connaissance des nouvelles allégations contre M. St-Denis et a préféré ne pas faire de commentaires, mardi.

Lise Lavallée, porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de condition féminine, a salué le courage des victimes. Mais elle rappelle que c'est le commissaire à l'éthique qui a un pouvoir de sanction vis-à-vis les députés et qu'il ne reste que peu de temps à la session parlementaire.

«Je fais donc appel à leur conscience. Je vois mal comment ils pourraient venir de nouveau siéger ici», a conclu Mme Lavallée.