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20/04/2018 17:27 EDT | Actualisé 20/04/2018 17:27 EDT

Québec annonce l'ajout de recharge pour véhicules électriques

«C'est plus un obstacle psychologique d'incertitude.»

Stephane Mahe / Reuters

Le premier ministre Philippe Couillard se dit convaincu que les automobilistes québécois sont à l'orée du virage électrique.

Profitant de l'inauguration du Salon du véhicule électrique, vendredi à Montréal, le premier ministre a annoncé que Québec portera à 2500 d'ici deux ans le nombre de bornes de recharge pour les véhicules électriques sur les routes de la province.

«Nous sommes très près de la phase exponentielle (de ventes de véhicules électriques) et un meilleur accès aux bornes de recharge est vraiment la clé», a-t-il soutenu, affirmant que la rareté des bornes représente le plus important obstacle à cette expansion.

«C'est plus un obstacle psychologique d'incertitude», a avancé M. Couillard, invoquant la crainte de nombreux automobilistes de se retrouver «avec des batteries à plat» sur la route.

Il y a présentement 1370 bornes de recharge au Québec, de sorte qu'il faudra en ajouter 1130 pour arriver au total promis.

Le premier ministre n'a pas donné de détails, notamment sur la proportion de ces ajouts qui seront des bornes de recharge rapide, la répartition géographique de ces équipements ou encore le coût du projet, puisqu'une annonce à ce sujet doit être faite prochainement.

Coût et nationalisme économique

Bien qu'il reconnaisse que le coût d'achat représente aussi toujours un obstacle pour les acheteurs éventuels, Philippe Couillard a fait valoir qu'avec les subventions gouvernementales à l'achat — qui peuvent atteindre 8000 $ selon le type de véhicule acheté — le faible coût d'entretien et, surtout, la réduction des dépenses en carburant, l'écart n'est plus aussi grand qu'autrefois.

Le premier ministre est même allé jusqu'à faire de l'achat d'un véhicule électrique un acte patriotique.

«Notre richesse à nous, c'est l'hydroélectricité. Pourquoi continuer à faire le plein sans arrêt de véhicules à essence où on envoie l'argent à l'extérieur du Québec?», s'est-il demandé.

Selon cette logique, payer de l'électricité pour faire avancer son véhicule devient «un geste, un choix de nationalisme économique qu'individuellement nous sommes presque tous en mesure de poser», a-t-il soutenu.

Laval vole la vedette

Prenant la parole après M. Couillard, le maire de Laval, Marc Demers, s'est livré à une surenchère qui a plu au premier ministre: il a annoncé que Laval versera une subvention de 2000 $ à tous ses citoyens qui se procureront un véhicule électrique et de 400 $ pour l'achat d'un vélo électrique.

Dans le cas de la voiture, la subvention s'ajoutera à celle de Québec.

«La Ville de Laval est fière d'être, je le pense, la première ville au Canada à offrir une subvention (pour) l'acquisition d'un véhicule électrique», a-t-il déclaré sous les applaudissements, précisant que le comité exécutif adoptait la résolution «en mon absence» au moment même où il s'adressait à la foule.

«Les gens sont éligibles à cette subvention à compter de 9h ce matin (vendredi)», a fièrement annoncé le maire.

La seconde édition du Salon du véhicule électrique de Montréal tiendra l'affiche jusqu'à dimanche à 17h00.

Plus de 70 exposants et des conférenciers et spécialistes de l'électrification des transports se réuniront pour répondre aux questions des visiteurs et leur faire connaître les avancées technologiques en la matière.

Les visiteurs ne verront pas que des automobiles électriques. Ils auront aussi l'occasion d'examiner de nombreux autres types de véhicules électriques tels que des autobus, des motocyclettes et des scooters, des cyclomoteurs, des bicyclettes, des bateaux, des triporteurs, des fauteuils roulants, des trottinettes et même des planches à roulettes.

Selon le CAA-Québec, plus de 24 000 voitures alimentées à l'électricité roulent actuellement sur les routes du Québec, soit 10 000 de plus qu'il y a un an, une progression de près de 70 pour cent.