POLITIQUE
20/04/2018 11:58 EDT | Actualisé 20/04/2018 11:58 EDT

Alice Paquet réagit aux révélations de la nouvelle victime de Gerry Sklavounos

«Bon courage Maude-Félixe. Tu es une guerrière.»

©Sarah Seené
Alice Paquet raconte avoir reçu des messages dégueulasses et blessants à la suite de sa dénonciation, en octobre 2016.

QUÉBEC – La première victime qui a dénoncé le député de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos, salue le courage de la jeune militante libérale qui brise maintenant le silence pour dénoncer le harcèlement sexuel de l'élu qui est toujours en poste.

Alice Paquet avait pris la parole le 19 octobre 2016, lors d'une vigie en soutien aux survivantes d'agressions sexuelles à l'Université Laval, pour dénoncer le comportement d'un député toujours en poste. Les médias ont rapidement découvert qu'elle parlait de M. Sklavounos et il a été exclu du caucus libéral.

«J'ai fait des entrevues dont je ne me souviens même pas tellement j'étais en choc post-traumatique, écrit la jeune femme dans une publication sur Facebook. Carrément, il y a un mois complet de flou total à la suite de ma dénonciation tellement je n'étais "plus là".»

Dénoncer une agression sexuelle publiquement, c'est aussi les trolls et les commentaires méchants qui viennent avec.Alice Paquet

Mme Paquet ne veut pas revenir sur les faits allégués, mais déplore toujours la façon dont elle a été traînée dans la boue à la suite de son témoignage. Quelques jours après sa dénonciation, le Journal de Québec révélait qu'elle avait déjà été escorte, comme si cette information avait une incidence sur l'agression dont elle dit avoir été victime.

«Cet article a fourni les radios poubelles et les mauvaises langues en bile pour qu'ils puissent, un vomi à la fois, achever ce qu'il me restait de courage. On me reconnaissait dans la rue, au restaurant. Les journalistes téléphonaient ma mère pour savoir comment j'arrivais à payer mon loyer.»

Quelques mois plus tard, le directeur des poursuites criminelles et pénales a conclu que M. Sklavounos n'avait commis «aucun acte criminel» à l'endroit de Mme Paquet.

Embrassée de force et invitée dans sa chambre

Dans les derniers jours, la jeune militante libérale Maude-Félixe Gagnon a allégué avoir été elle aussi victime des comportements inappropriés de M. Sklavounos alors qu'elle n'avait que 15 ans.

Elle a confié à La Presse que le député l'aurait invité à son bureau de l'Assemblée nationale pour lui prendre la cuisse, l'embrasser de force et lui demander si elle avait déjà eu des relations sexuelles. Il l'aurait ensuite invitée à souper et a suggéré d'aller dans sa chambre pour «jouer aux échecs».

L'adolescente dit avoir refusé l'invitation, mais aurait continué de recevoir des messages textes de la part du député, que La Presse a pu consulter.

Facebook/Maude-Félixe Gagnon
Maude-Félixe Gagnon, nouvelle victime alléguée de Gerry Sklavounos. (Photo utilisée avec son autorisation.)

Alice Paquet dit être en contact avec Maude-Félixe Gagnon, maintenant âgée de 18 ans, parce qu'elle sait «un peu ce qui l'attend» après une dénonciation publique du genre, même si elle espère que les choses ont changé un peu dans la foulée du mouvement «Moi aussi».

«Je les ai tous reçus les messages. Les choses les plus blessantes et dégueulasses au monde ont atterri dans ma boîte de message. Encore aujourd'hui, parfois. Dénoncer une agression sexuelle publiquement, c'est aussi les trolls et les commentaires méchants qui viennent avec.»

Mme Paquet se dit attristée par les révélations que M. Sklavounos ait toujours son poste de député et qu'il aura droit à une indemnité de départ à la fin de son mandat.

«Bon courage Maude-Félixe. Tu es une guerrière», conclut Alice Paquet.

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