POLITIQUE
19/04/2018 13:35 EDT | Actualisé 19/04/2018 17:13 EDT

360 M$ pour la stratégie économique de Montréal

La stratégie, baptisée «Accélérer Montréal», cible cinq secteurs spécifiques.

La Ville de Montréal dépensera 360 M$ Sur cinq ans pour stimuler le développement économique de la métropole. Cette somme comprend une aide de 150 M$ déjà annoncée le par le gouvernement provincial.

La communauté d'affaires de Montréal attendait avec impatience cette annonce de la mairesse, Valérie Plante. Plus de 800 personnes étaient présents pour son discours au Centre Sheraton.

La somme annoncée représente un record. Elle dépasse de 40 M$ par année les montants qui étaient investis jusqu'ici. Entre autres choses, elle doit permettre à la Ville d'aider le commerce de détail, durement affecté par les chantiers qui se multiplient et par les changements technologiques.

«L'économie de Montréal, qui est en pleine transformation, est diversifiée, dynamique et avant-gardiste. Notre stratégie vise à saisir les nouvelles opportunités afin d'accélérer le développement économique de la métropole de façon durable, inclusive et innovante», a affirmé la mairesse Valérie Plante.

D'ailleurs, le nouvel aménagement d'un des plus importants chantiers de la Ville, celui de la rue Sainte-Catherine, sera présenté dès jeudi. Les mesures de compensations financière, promises aux commerçants pendant la campagne électorale, devront toutefois attendre.

«En ayant l'argent de Québec, on travaille sur les critères. On va être en mesure de les mettre en application dès l'automne», affirme Mme Plante.

En janvier, le responsable du développement économique, Robert Beaudry, émettait l'idée que les mesures pourraient être rétroactives aux chantiers déjà en cours, comme Sainte-Catherine. Jeudi, la mairesse a réitéré qu'elle évaluait cette possibilité.

La stratégie, baptisée «Accélérer Montréal», cible cinq secteurs spécifiques, soit la mobilité, les industries culturelles et créatives, le numérique, les sciences de la vie et de la santé et les technologies propres.

Les fonds serviront à ajouter des ressources au réseau PME MTL, entre autres. De nouveaux fonds seront aussi disponibles pour la commercialisation des produits, pour le développement durable et pour l'économie sociale.

Les mesures exactes prises par l'administration Plante seront connues lors du développement des huit plans d'action qui découleront de la stratégie. Mais la mairesse a d'ores et déjà manifesté son intention de développer les quelque 53 millions de pieds carrés de terrains vacants sur son territoire, notamment en investissant dans la décontamination.

En mars, le gouvernement a accordé 75 M$ à la Ville pour la décontamination des sols. Cette somme s'ajoute aux 175 M$ disponibles pour l'ensemble des municipalités du Québec.

«Les besoins sont énormes et la décontamination, ça coûte cher. Ce sera donc bon pou le développement économique», affirme-t-elle.

Une partie des sommes sera toutefois utilisée pour décontaminer des terrains qui accueilleront des projets résidentiels.

Le chef de l'opposition, Lionel Perez, n'est pas impressionné par la stratégie annoncée jeudi.

«C'est un diagnostic de 38 pages sur la situation économique de Montréal. Et la seule mesure concrète se trouve à la page 39, alors qu'on nous annonce... huit plans d'action. Après six mois au pouvoir, on s'attendait à beaucoup plus», lance-t-il.

«Il n'y a rien dans cette stratégie qui cible les vraies préoccupations de la communauté d'affaires : la fiscalité et la lourdeur administrative. Les commerçants, les entrepreneurs et les gens d'affaires n'ont pas besoin de plans d'action saupoudrés de beaux mots-clés. Ils veulent des mesures concrètes qui vont leur permettre de développer leurs projets à Montréal, sans se faire mettre des bâtons dans les roues par la bureaucratie municipale», conclut M. Perez.