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19/04/2018 18:40 EDT | Actualisé 19/04/2018 18:40 EDT

Justin Trudeau ne s'engage pas à interdire les pailles de plastique

Theresa May a demandé aux autres membres du Commonwealth de réduire leur utilisation du plastique.

Le Canada adhérera volontiers à une déclaration internationale visant à nettoyer les océans, mais le premier ministre Justin Trudeau ne s'est pas engagé, jeudi, à interdire l'usage des pailles en plastique, comme le souhaite son homologue britannique.

Theresa May, qui a demandé aux autres membres du Commonwealth de réduire leur utilisation du plastique, s'apprête à dévoiler un projet sans précédent qui interdira éventuellement au Royaume-Uni les produits de plastique à usage unique, comme les pailles, les verres et les cotons-tiges, afin de nettoyer les océans du monde.

Cette prolifération des plastiques et le respect des droits des minorités sexuelles ont largement dominé la première journée de M. Trudeau au sommet des chefs de gouvernement des 53 pays du Commonwealth, jeudi à Londres.

À titre d'hôtesse du sommet, Mme May a aussi moussé une éventuelle «charte bleue du Commonwealth» pour les océans, que M. Trudeau promet de signer, et qui sera discutée à nouveau au sommet du G7 dans Charlevoix, en juin. Mais il n'a pas voulu s'engager sur les pailles en plastique.

«Nous sommes conscients que les "macro-plastiques", comme les pailles, posent un défi considérable pour les océans, mais nous savons aussi que les microplastiques et les nanoplastiques représentent également un réel défi pour les écosystèmes marins», a soutenu M. Trudeau lors d'une conférence de presse au Haut Commissariat du Canada à Londres.

«Nous souhaitons des approches qui soient à la fois importantes et efficaces dans la démarche (...) non seulement pour un pays en particulier — même si le Canada compte les plus longues côtes au monde — mais aussi, nous l'espérons, pour l'économie globale.»

Ottawa s'apprête aussi à interdire, en juillet, les microbilles dans les produits d'hygiène personnelle, mais n'a pas annoncé de calendrier pour les autres types de plastique. Plusieurs pays du monde ont déjà banni l'usage des sacs de plastique à usage unique, mais au Canada, seules certaines municipalités ont posé des gestes concrets.

Droits des minorités sexuelles

Si M. Trudeau est demeuré prudent au chapitre des plastiques, il a repris son bâton de pèlerin en matière de droits des communautés LGBTQ. Il se heurtait toutefois à certains leaders africains qui résistent avec entêtement au Canada, au Royaume-Uni et aux autres pays qui défendent les droits des minorités sexuelles.

Certains remettent d'ailleurs en question la pertinence et l'utilité du Commonwealth puisque plusieurs de ses membres, surtout en Afrique et en Asie, affichent des bilans peu reluisants en matière de démocratie et de droits de la personne. Dans certains de ces pays, les relations homosexuelles sont interdites par la loi, et les contrevenants y sont sévèrement réprimés.

La question des droits des communautés LGBTQ avait été biffée de l'ordre du jour du sommet, mais M. Trudeau a rencontré jeudi des militants au Haut Commissariat du Canada à Londres pour les assurer de son soutien constant. Il a d'ailleurs admis que cette différence de points de vue illustre à quel point le Commonwealth ne réussit pas toujours à rassembler ses 53 membres autour de valeurs communes, comme il le devrait.

Il a demandé aux militants de le conseiller sur les façons de demeurer leur allié et de pousser d'autres chefs d'État et de gouvernement dans la bonne voie.

À l'issue de cette rencontre, les militants du Réseau du Commonwealth pour l'égalité ont salué l'ouverture de M. Trudeau et déploré l'opposition constante de certains autres leaders.

«Je ne peux même pas rencontrer mon premier ministre ou mon président, s'est désolée Rosanna Flamer-Caldera, directrice d'un organisme sri-lankais pour l'égalité des droits, et coprésidente du Réseau du Commonwealth pour l'égalité. Alors, nous avons besoin de ces grands forums internationaux et de l'aide de leaders comme le premier ministre Trudeau.»

Succession

M. Trudeau doit rentrer au Canada vendredi, après un débat à huis clos avec les autres dirigeants du Commonwealth sur un sujet inusité: qui devrait succéder à la reine Élisabeth II à la tête de l'organisation?

Contrairement au trône britannique, cette fonction n'est pas héréditaire. La reine a quand même pris l'inhabituelle liberté, jeudi, à l'ouverture du sommet de Londres, de recommander le prince Charles à ce poste. Interrogé sur ses préférences, M. Trudeau s'est rangé à l'avis de la souveraine.

On ignore par ailleurs si les dirigeants envisagent sérieusement d'autres candidatures.

M. Trudeau reviendra au pays vendredi au beau milieu du congrès biennal du Parti libéral du Canada, qui s'ouvre jeudi à Halifax. Il sera peut-être là pour le discours de sa femme, Sophie Grégoire, prévu à 19 h 30 vendredi. Le chef libéral doit s'adresser aux militants lors du dernier jour du congrès, samedi après-midi.