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18/04/2018 07:17 EDT | Actualisé 18/04/2018 07:22 EDT

Un rapport secret critique le SCRS sur les interrogatoires de Canadiens à l'étranger

La torture à l'étranger peut inciter les prisonniers à parler au service canadien d'espionnage.

thawornnurak via Getty Images

Des documents venant d'être dévoilés montrent qu'un rapport fédéral maintenu secret pendant plus de dix ans critique l'agence d'espionnage du Canada pour des lacunes importantes au moment même où ses membres voyagent de plus en plus pour interroger des personnes dans des prisons étrangères au nom du combat contre le terrorisme.

Le rapport prévient de la nécessité de nouvelles pratiques étant donné que les Canadiens détenus à l'étranger ont peu de recours s'ils sont torturés au nom d'un gouvernement d'un autre pays.

Par conséquent, lorsque des agents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) se présentent à la cellule d'un détenu dans un autre pays, cela risque de placer une «pression excessive» sur le prisonnier pour prendre part à un interrogatoire avec le service canadien d'espionnage.

Selon le rapport, même si le SCRS ne force aucun individu à répondre à ses questions, les conditions dans lesquelles une personne est détenue à l'étranger peuvent donner l'«impression inverse». «Des précautions additionnelles de la part du SCRS sont donc requises durant les interrogatoires de détenus à l'étranger», indique le document.

Le rapport du bureau de l'inspecteur général pour le SCRS hautement classifié — et encore largement caviardé — a été finalisé en novembre 2006, mais vient seulement d'être dévoilé par l'entremise de la présentation de documents fédéraux à Abousfian Abdelrazik dans sa poursuite de longue date contre le gouvernement.