POLITIQUE
18/04/2018 14:32 EDT | Actualisé 18/04/2018 15:12 EDT

Controverse entourant la vente d'un tableau québécois

Mélanie Joly ne veut pas s'en mêler.

La Presse canadienne

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, trouve "regrettable" qu'une oeuvre d'art puisse quitter le pays, mais ne compte pas s'ingérer dans les affaires du Musée des beaux-arts du Canada pour respecter son indépendance.

"Je trouve toujours ça regrettable quand une oeuvre d'art importante quitte le pays, mais en même temps, il y a des décennies, on a décidé qu'on ne politiserait pas le financement de l'art et les opérations de musées", a-t-elle affirmé mercredi.

L'institution a causé la surprise au début du mois lorsqu'elle a mis en vente La Tour Eiffel, une toile du peintre impressionniste Marc Chagall.

Le directeur du musée, Marc Mayer, a par la suite révélé que l'argent servirait à acquérir un tableau donné à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec en 1938. Ce tableau du Saint Jérôme qui entend la trompette du Jugement dernier a été peint par l'artiste français Jacques-Louis David en 1779.

Or, la ministre québécoise de la Culture, Marie Montpetit, a annoncé mercredi qu'elle allait faire évaluer le tableau en vue de le classer bien patrimonial. Le but est d'en "empêcher sa sortie du Québec", a-t-elle affirmé en mêlée de presse à l'Assemblée nationale.

D'ailleurs, des démarches "accélérées" ont été entamées il y a près d'une semaine, a-t-elle dit.

"Si on identifie qu'il a une valeur nationale, je procéderai à un classement afin d'éviter que le tableau puisse être vendu, quitte le Québec", a précisé la ministre.

La ministre Joly a évité de se prononcer sur la démarche québécoise.

Le Musée de la civilisation de Québec et le Musée des beaux-arts de Montréal doivent faire une offre conjointe pour tenter d'acquérir le tableau, avec des partenaires publics et privés.

Même si le Musée des beaux-arts du Canada n'obtient pas le Saint Jérôme, M. Mayer a indiqué aux médias qu'il allait tout de même se départir du Chagall.