BIEN-ÊTRE
16/04/2018 15:36 EDT | Actualisé 16/04/2018 15:36 EDT

Voici ce que les milléniaux disent de leurs parents en thérapie

«Tu sais qu'il y a un problème quand une mère appelle pour prendre rendez-vous en thérapie pour son fils de 28 ans.»

FilippoBacci via Getty Images

Contrairement aux générations précédentes, les milléniaux n'ont pas peur de passer du temps sur le divan d'un thérapeute.

Qu'est-ce qui occupe leurs esprits au-delà d'un marché de l'emploi incertain, la méfiance à l'égard du mariage et leur dette d'étudiant? Pour plusieurs, ce sont leurs parents, révèle Deborah Duley, une psychothérapeute et fondatrice d'Empowered Connections, une entreprise spécialisée pour intervenir auprès des femmes, des filles et de la communauté LGBTQ+.

«Nous sommes passés d'une société focalisée sur les parents à une société centrée sur l'enfant, et cette génération est le produit de changement de flux de notre centre d'intérêt», a raconté Duley au HuffPost américain. «Le résultat, c'est que j'entends constamment des doléances comme quoi le contrôle qu'exercent leurs parents sur leur vie les étouffe et est autoritaire.»

Duley et d'autres thérapeutes à travers les États-Unis partagent davantage de doléances reliées aux parents qu'ils entendent de leurs clients dans la vingtaine et la trentaine.

1. J'ai grandi avec des «parents hélicoptères» (helicopter parents), et maintenant je ne suis pas capable de fonctionner comme un véritable adulte.

«Le problème #1 que je vois chez les milléniaux et leurs parents en est un dont les milléniaux ne se plaignent pas parce qu'ils n'ont pas conscience que ça se produit la plupart du temps. Tu sais qu'il y a un problème quand une mère appelle pour prendre rendez-vous en thérapie pour son fils de 28 ans. Les parents de milléniaux sont des parents hélicoptères notoires, ce qui entrave les jeunes adultes dans leur cheminement pour devenir indépendants et pour apprendre à résoudre leurs propres problèmes.» ―Tara Griffith, thérapeute et fondatrice de Wellspace SF, une communauté de thérapeutes licenciés, de nutritionnistes et d'entraîneurs certifiés à San Francisco

2. Je me sens comme un échec selon les standards de mes parents

«Un thème que j'entends relié à la relation parent-enfant est de ne pas se sentir assez bon. Les milléniaux grandissent avec des parents qui ont des attentes élevées, et l'échec n'est pas seulement découragé, mais n'est même pas permis dans certains cas. Alors que les parents veulent que leurs enfants connaissent la réussite, le message général est devenu "si tu ne réussis pas selon les attentes de tes parents, alors tu es un perdant. Un échec. Tu n'es pas assez bon. Les femmes de cette génération en particulier luttent avec cela en même temps que de devoir faire face à la société, aux médias sociaux et à l'opinion publique qui leur dit qu'elles ne sont pas assez bonnes. Ajoutez une autre couche de désapprobation parentale et cela peut être dévastateur. Je vois des femmes paralysées dans leur croissance émotionnelle en raison des messages dont elles ont été gavées sur ce qu'elles devraient être.» Duley

3. Mes parents ne pensent pas que j'ai besoin d'une thérapie.

«Un certain nombre de mes clients se sont plaints que leurs parents ne «croient» pas en la thérapie ou ils la voient comme un signe de faiblesse. Il y a une stigmatisation associée à la thérapie pour les parents. Ceci amène souvent des enfants adultes à se sentir invalidés ou incompris, ou ils pourraient croire qu'ils ne sont pas «assez forts» pour prendre en charge leurs propres problèmes. Certains clients expriment de la frustration parce qu'ils ne peuvent pas parler ouvertement à leurs parents à propos de leur santé mentale. Conséquemment, ils sont incapables de chercher de l'aide chez certaines des personnes les plus importantes de leur vie.» ― Gina Delucca, une psychologue chez Wellspace SF

4. Mes parents sont devenus des «grands-parents hélicoptères».

«Une fois qu'ils ont des enfants, les milléniaux subissent les opinions fortes de leurs parents sur leur style et leurs décisions dans l'éducation des enfants. Cela peut devenir un problème quand les gens se sentent obligés de prioriser l'opinion de leurs parents avant celle de leur partenaire ou la leur. L'art d'élever un enfant est un périple individuel, et plusieurs milléniaux reçoivent des critiques par rapport aux façons progressistes qu'ils choisissent. Cela fonctionne mieux quand les individus peuvent conserver leurs propres valeurs et communiquer des limites claires avec leur famille à propos des choses qu'ils ne veulent pas ou n'ont pas besoin de leur implication.» ― Liz Higgins, une thérapeute de couple de Dallas

5. Mes parents sont trop impliqués dans ma vie financière.

«Un des grands problèmes qui concerne les parents est le non-respect des limites ou d'être trop impliqué dans la vie de leurs enfants, particulièrement dans les finances. Les parents se sentent comme ayant le droit de recevoir de l'information parce que souvent ils procurent une assistance financière. Par exemple, quand les parents paient pour la psychothérapie d'un enfant, ils demandent fréquemment des informations sur le contenu des séances sans respecter leur intimité. Ils m'appellent pour m'expliquer les difficultés de leur enfant quand il n'y a pas de besoin clinique pour cette information. Parfois, quand un patient met une frontière avec le parent, le parent attribue l'autonomie de l'enfant à une interférence du thérapeute dans la relation. C'est comme si la thérapie qu'ils paient est vue comme une menace à la relation entre le parent et l'enfant.» ―Jennifer Stone, une thérapeute de New York

6. Mes parents ne m'ont pas appris à naviguer à travers les émotions négatives.

«Une autre situation que j'entends est le manque d'instruction sur comment gérer les émotions et les expériences négatives. Maintes et maintes fois, je vois des femmes milléniales qui luttent fortement avec la gestion de leurs émotions négatives. Elles ont été éduquées comme quoi les émotions négatives doivent être évitées, peu importe le prix; que l'anxiété est une partie normale d'une journée d'une femme et qu'elle devrait s'en occuper simplement en prenant une pilule ou en évitant complètement les émotions à travers des méthodes malsaines. Ceci, j'ai l'impression, est le message le plus nocif qu'un enfant peut recevoir. Comprendre que les émotions négatives sont normales, prévisibles et peuvent être utiles change la donne pour ces femmes. Je concentre la plus grande partie de mon travail avec cette génération à apprendre non seulement à surfer sur les vagues de notre mer émotionnelle, mais comment développer des habiletés d'adaptation saines et une résilience accrue. — Duley

Ce texte initialement publié sur le HuffPost États-Unis a été traduit de l'anglais.​​​​