POLITIQUE
13/04/2018 17:42 EDT | Actualisé 13/04/2018 17:42 EDT

Legault est prêt à rencontrer l'aspirante policière qui porte le hidjab

L'étudiante au Collège Ahuntsic porte fièrement le hidjab et rêve de faire carrière dans la police.

Jacques Boissinot/PC

François Legault se dit prêt à aller dire dans le blanc des yeux à une étudiante en techniques policières qu'elle ne pourra réaliser son rêve sous un gouvernement caquiste si elle continue de porter le hidjab.

Il répond ainsi au premier ministre Philippe Couillard, qui l'a mis au défi, jeudi, de rencontrer la jeune Sondos Lamrhari.

L'étudiante au Collège Ahuntsic porte fièrement le hidjab et rêve de faire carrière dans la police.

Or, autant la Coalition Avenir Québec (CAQ) que le Parti québécois (PQ) veulent interdire le port de signes religieux chez les représentants de l'État en position d'autorité, soit les policiers, procureurs, juges, gardiens de prison, comme le préconisait le rapport de la commission Bouchard-Taylor il y a 10 ans.

En conférence de presse jeudi, M. Couillard s'est porté à la défense des libertés religieuses et a affirmé que cette jeune fille pourrait bien faire figure de symbole.

Il a lancé un défi à ses deux adversaires, autant à M. Legault qu'au chef péquiste Jean-François Lisée: aller rencontrer l'étudiante et de lui dire «les yeux dans les yeux» qu'elle doit renoncer à sa carrière.

En point de presse vendredi à La Pocatière, M. Legault a dit que la situation actuelle est le résultat du laisser-aller des libéraux, de leur «manque de courage et de détermination».

Si le gouvernement avait accepté le compromis proposé par la CAQ il y a un an, soit les recommandations de Bouchard-Taylor en élargissant l'interdiction aussi aux enseignants, l'étudiante aurait eu un message clair, a argué M. Legault.

Et a fortiori, «il n'y a pas une jeune fille au Québec qui penserait devenir policière au Québec en portant un hidjab» si le gouvernement libéral avait tranché la question dès le départ il y a 10 ans, a-t-il poursuivi.

Le chef caquiste rencontrerait volontiers Sondos Lamrhari pour lui expliquer sa position, comme il l'a fait précédemment avec d'autres groupes.

«Absolument, je suis prêt à l'expliquer, j'ai déjà eu l'occasion de l'expliquer aussi à des enseignantes qui portent le voile. Donc, je n'ai pas de problème à leur expliquer pourquoi c'est important, non seulement de montrer une neutralité, mais d'avoir aussi une apparence de neutralité quand on est dans un poste d'autorité.»

La controverse sur le port de signes religieux a refait surface après les déclarations de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui a dit être ouverte au port du voile dans le service de police de sa ville.

Actuellement, le régime qui prévaut est celui de la loi sur la neutralité religieuse de l'État, adoptée par le gouvernement Couillard en octobre.

Elle prévoit que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert, mais elle permet des exceptions, en vertu d'une demande d'accommodement raisonnable.

Cependant, des groupes ont contesté la loi et la cour a suspendu l'article sur les services publics.

La suspension durera tant et aussi longtemps que le gouvernement du Québec n'aura pas défini les «lignes directrices» qui permettront aux organismes de déterminer si des accommodements peuvent être consentis. Ces lignes directrices devraient être publiées dans les prochaines semaines.

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