POLITIQUE
13/04/2018 10:32 EDT | Actualisé 13/04/2018 10:51 EDT

235 M$ de plus pour terminer le pont Champlain à temps

Le gouvernement règle son litige avec le constructeur.

La Presse canadienne/Paul Chiasson

Le gouvernement fédéral paiera 235 M$ de plus pour terminer le pont Champlain à temps pour l'échéance du 21 décembre. Il règle du même coup la poursuite de 124 M$ intentée par le consortium chargé de construire le nouveau pont, Signature sur le Saint-Laurent.

L'annonce a été faite vendredi. Environ 172 M$ serviront à payer des mesures pour compenser les retards accumulés jusqu'à présent sur le chantier. Les 63 M$ restants serviront à régler la poursuite.

En mars 2017, le consortium s'est adressé à la Cour supérieure en accusant le gouvernement fédéral d'être responsable des retards.

«Notre priorité en tant que gouvernement est de s'assurer que SSL livrera un pont de qualité dans les meilleurs délais sans compromettre la sécurité des travailleurs et des usagers. Je suis satisfait de l'entente de règlement conclue avec SSL car elle répond aux objectifs du gouvernement, tout en assurant une gestion responsable des fonds publics», affirme le ministre fédéral de l'Infrastructure et des Collectivités, Amarjeet Sohi.

Le chantier du pont Champlain a pris du retard au cours de la dernière année. Selon la poursuite déposée par le consortium, ces retards sont dus aux restrictions imposées par Québec et Ottawa concernant le transport de pièces surdimensionnées sur les routes.

Le consortium prévoyait fabriquer différentes composantes du pont dans diverses usines du Québec. Les pièces pesant jusqu'à 80 tonnes devaient être transportées par les routes de la Rive-Sud et traverser le pont jusqu'au site de construction. Des limites imposées par la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain, un organisme fédéral, ainsi que par le ministère des Transports du Québec (MTQ) empêchent toutefois le passage des pièces de plus de 30 tonnes sur le pont et de plus de 65 tonnes sur les autoroutes provinciales.

Selon la poursuite, ces restrictions étaient connues du gouvernement fédéral pendant la période d'appel d'offres. Elles n'ont toutefois été communiquées au consortium qu'une fois le chantier entamé.

Signature sur le Saint-Laurent a dû se tourner vers le train et le port, ce qui a entraîné des coûts supplémentaires de transport, d'entreposage et de logistique.

Le projet de 4,2 G$ passe donc à plus de 4,4 G$. Signature sur le Saint-Laurent s'expose à des pénalités de 100 000$ à 400 000$ par jour de retard si l'échéance du 21 décembre n'est pas respectée.

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