POLITIQUE
12/04/2018 07:42 EDT | Actualisé 12/04/2018 07:46 EDT

Lima, Paris et Londres: Trudeau amorce un voyage de dix jours

Il tentera de faire oublier l'Inde...

NurPhoto via Getty Images

Justin Trudeau tentera de faire oublier ses voyages officiels pas très réussis en Inde et en Chine lorsqu'il amorcera, jeudi, un périple de dix jours qui le mènera notamment vers deux sommets internationaux, à Lima et à Londres.

Le premier ministre fera d'abord un arrêt au Pérou, pour le 8e Sommet des Amériques, qui réunit tous les quatre ans les leaders d'une trentaine de pays. Certains s'attendaient à ce qu'on annonce en grande pompe à Lima une entente de principe pour le renouvellement de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), mais l'allure actuelle des négociations ne semble pas de bon augure _ d'autant plus que le président américain, Donald Trump, a annulé sa participation, officiellement pour suivre l'évolution de la situation en Syrie.

M. Trudeau rencontrera aussi les leaders des pays de l'Alliance du Pacifique, une communauté économique regroupant le Chili, la Colombie, le Mexique et le Pérou _ des pays qui ont déjà des ententes commerciales et des liens politiques étroits avec le Canada. Le premier ministre canadien profitera aussi de l'occasion rare de rencontrer les leaders du plus important marché commun d'Amérique latine, le Mercosur, qui regroupe le puissant Brésil ainsi que l'Argentine, la Bolivie, le Paraguay et l'Uruguay.

Face à l'avenir incertain de l'ALÉNA et devant le désir du Canada de tisser des liens commerciaux ailleurs qu'aux États-Unis, Ottawa a entamé en mars une première ronde de négociations avec le Mercosur pour la conclusion d'un accord de libre-échange.

Selon le professeur Roland Paris, de l'Université d'Ottawa, M. Trudeau mettra surtout l'accent, dans ce voyage, sur la progression des discussions avec le Mercosur et l'Alliance du Pacifique. De fait, l'absence du président Trump pourrait permettre au premier ministre canadien de discuter librement avec ses homologues du Mercosur et d'autres partenaires commerciaux potentiels, estime Pablo Heidrich, expert de l'Amérique latine à l'Université Carleton d'Ottawa.

Des responsables au gouvernement indiquent aussi que le premier ministre voudra profiter de ce voyage officiel afin de mousser la candidature du Canada pour un siège au Conseil de sécurité des Nations unies en 2020.

En observation

M. Trudeau, par contre, ne peut se permettre de faux-pas comme ceux qu'il a faits en Chine et en Inde: les observateurs, les analystes et ses adversaires surveilleront ses moindres gestes et déclarations. Ils voudront notamment voir jusqu'où ira le premier ministre pour déplorer les commentaires controversés du président Trump sur les immigrants latino-américains.

Certains le regarderont aussi évoluer sur le mince fil des "valeurs démocratiques occidentales" en espérant qu'il ne tombe pas dans l'arrogance ou le prêchi-prêcha. "C'est en faisant la leçon aux Chinois et aux Indiens que M. Trudeau a perdu pied", estime le professeur Heidrich.

Après deux jours au sommet de Lima, M. Trudeau s'envolera vers Paris pour son premier voyage officiel en France _ il y avait toutefois participé en 2015, tout de suite après son élection, à la conférence des Nations unies sur le climat. Le premier ministre rencontrera le président français, Emmanuel Macron, et prononcera une allocution à l'Assemblée nationale.

Il sera aussi beaucoup question d'économie pendant cette étape française _ notamment sur fond de nouvel Accord économique et commercial global, conclu récemment entre le Canada et l'Union européenne. Mais on discutera assurément aussi de changements climatiques, de la Russie, de la Syrie, du Mali et de la montée des nationalismes.

M. Trudeau terminera ce périple de 10 jours à Londres, où il rencontrera la reine Élisabeth II et la première ministre Theresa May, avant de participer au sommet biennal des chefs de gouvernement du Commonwealth. Il sera encore une fois beaucoup question d'économie, surtout avec la rupture imminente du lien entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, ce qui pourrait pousser ce pays à accentuer ses liens commerciaux avec ses anciennes colonies.

La question des droits des communautés LGBTQ, chère au premier ministre canadien, a toutefois été rayée de l'ordre du jour du sommet du Commonwealth, qui regroupe notamment des pays comme le Nigeria, le Kenya, le Rwanda, le Pakistan et le Bangladesh.

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