POLITIQUE
12/04/2018 14:52 EDT | Actualisé 12/04/2018 22:10 EDT

REM: les libéraux se défendent de s'être ingérés dans les décisions de la Caisse

«L'opposition péquiste a baptisé les éventuelles stations du REM de Leitao, Coiteux et Kelly.»

CDPQ INFRA

Le gouvernement Couillard a nié, jeudi, s'être ingéré politiquement dans les décisions de la Caisse de dépôt pour prolonger son Réseau express métropolitain (REM) dans l'ouest de l'île de Montréal.

Au jour de la première pelletée de terre du REM au centre-ville, l'opposition officielle a baptisé les éventuelles stations du REM de Leitao, Coiteux et Kelley, du nom des ministres libéraux qui représentent les circonscriptions où passera le train léger dans le secteur visé.

Le chef péquiste Jean-François Lisée a rappelé un article de La Presse qui faisait état des interventions des ministres Carlos Leitao, Martin Coiteux et Geoffrey Kelley afin que le REM se rende plus loin que Dorval, comme ce qui était prévu dans la première ébauche du projet.

Le Parti québécois fait valoir que le coût, à 1,4 milliard $, est plus élevé que ce que l'achalandage justifie pour l'antenne du REM qui couvrira ce secteur, alors qu'un système rapide par bus (SRB) ou un tramway aurait été plus approprié et aurait coûté 10 fois moins cher.

"Ça leur fait énormément mal (aux libéraux) qu'on revienne sur le fait qu'il y a eu une décision politique (...) pour ces dépenses et quand je dis entre 1 milliard $ et 1,4 milliard $, c'est que la Caisse n'a jamais donné d'évaluation du coût de cette antenne", a affirmé M. Lisée dans une conférence de presse en matinée à l'Assemblée nationale.

L'opposition a établi des comparatifs de prix. Le futur prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, qui a été annoncé cette semaine au coût de 3,9 milliards $, reviendrait à 35 000 $ par passager par jour, tandis que le REM sur cette antenne reviendrait à 60 000 $ par passager par jour.

Le chef péquiste a également évoqué le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), selon lequel il n'y a pas de démonstration que la demande en services de transport en commun, le long de cette antenne, est "suffisante".

"Comment (le premier ministre) peut-il justifier que cette ligne de l'ouest va coûter deux fois plus cher que la ligne bleue et 10 fois plus cher que le SRB Pie-IX (un autre projet, sur le boulevard Pie-IX à Montréal) pour une desserte où il n'y a pas assez d'achalandage?" a demandé M. Lisée, qui qualifie la future antenne du REM de "ligne rouge" _ la couleur qu'on associe aux libéraux.

Cependant, le premier ministre Philippe Couillard a balayé les prétentions de son adversaire péquiste. "Ce n'est tout simplement pas vrai, a-t-il déclaré. Ce n'est tout simplement pas vrai qu'on applique des critères de ce type-là."

Il a affirmé que plusieurs voix ont recommandé de pousser plus loin le transport en commun dans l'ouest de l'île, comme la Ville de Montréal en 2008, et la défunte Agence métropolitaine de transport (AMT).

Le chef libéral a laissé entendre que l'opposition s'en prenait à cette portion du REM parce qu'elle allait servir à des populations à fortes proportions anglophones.

"Nous, on traite tous les citoyens de toutes les origines de la même façon", a plaidé M. Couillard.

Le projet du REM est malmené depuis plusieurs semaines, en raison notamment des privilèges qu'il a obtenus, mais aussi du manque de transparence et des risques d'explosion des coûts pour lesmunicipalités.

Une entente encore confidentielle, mais dont La Presse canadienne avait obtenu copie, prévoit de vastes zones de monopole et de territoires de "rabattage", dans les couronnes et à Montréal. Par ailleurs, les villes de Longueuil et de Laval s'inquiètent du mécanisme de tarification.

Le Parti québécois a été particulièrement véhément dans ses critiques. S'il forme le prochain gouvernement en octobre, il propose un contre-projet, censé répondre aux besoins de toute la région, notamment l'est de l'île de Montréal et la Montérégie qu'il juge mal servis par le tracé de la Caisse de dépôt.

Le REM est un projet de train de banlieue de 6,3 milliards $ mené par la Caisse de dépôt, mais également financé par le Québec, le gouvernement fédéral et Hydro-Québec.

Il comprend une grande ligne qui va de la couronne nord (Deux-Montagnes) à la Rive-Sud (Brossard) en passant par l'île de Montréal, ainsi que deux segments vers l'ouest de l'île, pour un total de 26 stations. Les travaux doivent commencer dans quelques semaines et se terminer en 2021.

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