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12/04/2018 13:05 EDT | Actualisé 12/04/2018 13:05 EDT

Hausse du nombre de postes vacants au Canada: le Québec en tête de liste

Les entreprises doivent rivaliser pour attirer de la main d'oeuvre.

sturti via Getty Images

Le nombre de postes vacants a continué de croître l'an dernier au Canada et c'est au Québec que l'on a observé la hausse la plus marquée à ce chapitre, révèlent des données publiées jeudi par Statistique Canada.

Alors que la main-d'oeuvre se fait déjà rare, ce portrait brossé par l'agence fédérale suggère que les entreprises devront continuer à travailler d'arrache-pied pour combler leurs besoins et attirer des employés.

À l'échelle nationale, il y avait 469 795 postes à combler chez les employeurs aux quatre coins du pays à la fin de 2017, ce qui constitue une progression de 23 pour cent par rapport à l'année précédente. Il s'agissait du cinquième trimestre de suite au cours duquel la tendance était à la hausse.

Voici quelques données relevées par Statistique Canada permettant de brosser un portrait québécois de la situation.

92 510

C'est le nombre de postes vacants au Québec au terme de la dernière année, en hausse de 46 pour cent, ou 29 185, comparativement à 2016. Le phénomène a touché 18 des 20 secteurs recensés, menés par la fabrication, les services d'hébergement et de restauration ainsi que la finance et les assurances.

Une accélération des retraites provoquées par le vieillissement de la population contribue au phénomène, mais il faut également considérer d'autres facteurs, souligne l'économiste principale au Mouvement Desjardins Joëlle Noreau.

«L'économie québécoise a affiché une croissance de 3,1 pour cent l'an dernier, ce qui constitue la meilleure performance depuis le début des années 2000, a-t-elle dit au cours d'un entretien téléphonique. Cela a généré près de 90 00 emplois et certains sont demeurés vacants.»

Du côté de l'Ontario, les employeurs étaient à la recherche de 190 585 personnes. S'il y a plus de postes affichés dans cette province, cette croissance était de 17 pour cent, soit presque trois fois moins élevée que la croissance observée au Québec.

13 765

Au Québec, c'est dans le secteur de la fabrication qu'il y avait le plus grand nombre de postes disponibles, avec près de 13 800 à la fin de l'année, ce qui constitue une hausse de 65 pour cent par rapport au même moment en 2016.

Du côté des services d'hébergement et de restauration, on comptait 9285 postes disponibles au quatrième trimestre de 2017, soit 4750 de plus.

«Par exemple, dans le secteur manufacturier, il n'est pas rare d'entendre certains de nos membres qui disent refuser des contrats ou reporter à plus tard des projets d'expansion faute de personnel», a observé la vice-présidente de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), Martine Hébert.

De plus en plus, les employeurs doivent faire preuve d'imagination et déployer diverses stratégies pour non seulement attirer, mais retenir des travailleurs, a-t-elle ajouté.

Mme Hébert a expliqué que certains offraient certains avantages comme le paiement du téléphone cellulaire ou un abonnement à un centre de conditionnement physique dans le but de combler leurs besoins de main-d'oeuvre.

19,50 $

Il s'agit, selon Statistique Canada, du taux horaire moyen offert par les employeurs québécois pour les postes à combler. Le portrait varie toutefois d'un secteur à l'autre. Par exemple, en ce qui a trait à celui de la finance et des assurances, le taux horaire moyen proposé est parmi les plus élevés, à 26,05 $.

À l'inverse, dans les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration, le salaire horaire moyen est de 12,25 $, indiquent les données.

2,6%

C'est le taux de postes vacants au Québec au quatrième trimestre, qui a progressé de huit dixièmes de point de pourcentage d'une année à l'autre, ce qui constitue la hausse la plus marquée à l'échelle nationale.

La plupart des régions du Québec ont affiché des «augmentations notables» de ce taux d'une année à l'autre. L'agence fédérale évoque Chaudière-Appalaches, où le taux de postes vacants a été de 3,3 pour cent, en hausse de 1,7 point de pourcentage, et la Capitale-Nationale, où le taux de 3,1 pour cent est en progression de 1,4 point de pourcentage.

«Il s'agit de deux régions où le taux de chômage est inférieur à la moyenne nationale, a fait remarquer Mme Noreau. Plus le taux de chômage est bas, plus il est difficile de recruter et de pourvoir des postes.»

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