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12/04/2018 15:18 EDT | Actualisé 12/04/2018 15:18 EDT

Attentat de Québec: voici les photos déposées en preuve au procès d'Alexandre Bissonnette

L'auteur de la fusillade a tiré 48 balles en moins de deux minutes et on peut voir sur les photos les endroits où elles ont été retrouvées.

Des photos prises par la SQ ont été déposées en preuve par la Couronne.
La Presse canadienne/courtoisie Sûreté du Québec
Des photos prises par la SQ ont été déposées en preuve par la Couronne.

Une salle de prière où des souliers ont été abandonnés pêle-mêle, une arme longue semi-automatique dans la neige, des murs endommagés par les balles: les photographies de l'après-fusillade racontent terriblement ce qui s'est passé à la mosquée de Québec le soir du 29 janvier 2017.

Des dizaines de photographies prises par la Sûreté du Québec ont été déposées en preuve jeudi par la Couronne, dans le cadre des audiences sur la détermination de la peine qui sera imposée à Alexandre Bissonnette.

La Couronne offre ainsi une série d'éléments au soutien de la peine qu'elle va réclamer pour le jeune homme qui a plaidé coupable fin mars à six accusations de meurtre au premier degré et à six chefs de tentative de meurtre.

Photo par photo, Me François Godin, pour la Couronne, décortique le chemin emprunté par le tireur et ce qu'il a pris pour cible.

Galerie photo Les photos déposées en preuve à l'audience d'Alexandre Bissonnette Voyez les images

Des photos de l'intérieur et de l'extérieur de la mosquée ont été présentées. Les plus choquantes ont été retirées du lot.

Sur la quasi-totalité de celles-ci, se trouve un point commun: de petits marqueurs orange qui indiquent les endroits où des balles ont été retrouvées, des douilles, ou encore des trous faits par les projectiles dans les murs.

Quarante-huit balles ont été tirées, a dit le ministère public. En moins de deux minutes.

Mais Alexandre Bissonnette avait encore plus de balles avec lui: le chargeur de son arme longue abandonnée dehors contenait encore 28 balles, et une qui est restée prise à l'intérieur.

Et un chargeur de 29 balles a été retrouvé dans sa voiture au moment de son arrestation.

Bref, le 29 janvier 2017, il avait sur lui 108 balles.

Quelques images ont permis de voir que des balles ont été tirées dans une niche de la salle de prière, un espace restreint, le Mihrab, dans lequel de nombreux fidèles avaient trouvé refuge pour éviter les tirs.

Une balle a transpercé la porte de la salle de bain où des hommes se cachaient et une a fait un trou au-dessus du bureau de l'imam, juste à côté du Mihrab.

L'arme longue semi-automatique a été retrouvée dans la neige, devant la mosquée. Elle était munie d'un chargeur pouvant contenir 30 balles, ce qui est prohibé au Canada, a indiqué Me Godin.

Alexandre Bissonnette a regardé avec attention les photos défiler sur grand écran jeudi, contrairement à la veille, lors de la diffusion des vidéos de l'attaque. Il n'avait alors pas levé les yeux.

Vers 12h10, il a eu un malaise, pendant la description des blessures subies par Azzeddine Soufiane.

Il s'agit de l'homme qui a chargé Alexandre Bissonnette pour tenter de l'arrêter, mais qui a été abattu.

Bissonnette a dû sortir de la boîte des accusés et les audiences ont donc été suspendues.

Cette énumération des balles tirées sur les six hommes ayant été tués ce soir-là font partie des rapports d'autopsie, également déposés en preuve jeudi.

Pendant que Me Godin les résumait, des femmes voilées dans la salle d'audience sanglotaient doucement lorsque les blessures mortelles ont été évoquées.

Arrêt de travail

La Couronne a aussi déposé en preuve un billet de médecin: en raison de troubles anxieux, le jeune homme avait été mis en arrêt complet de travail du 5 au 27 janvier 2017.

La tuerie a eu lieu deux jours plus tard, la veille du jour où il devait rentrer au travail.

Jeudi matin, le procureur de la Couronne, Thomas Jacques, avait indiqué au juge François Huot avoir aussi l'intention de déposer des plans de la mosquée et un appel au 911 fait par Bissonnette.

La Couronne n'a pas encore annoncé ses couleurs sur la durée de la peine qu'elle allait réclamer. Tout au plus, Me Jacques a dit qu'il allait exiger une peine qui reflétera l'ampleur des «crimes odieux» qui ont été commis.

L'avocat d'Alexandre Bissonnette, Charles-Olivier Gosselin, estime que son client devrait être condamné à 25 ans de prison avant d'être admissible à une libération conditionnelle, mais pas plus. Une peine plus longue serait l'équivalent d'une «peine de mort par incarcération», a-t-il soulevé dans une procédure.

Les observations sur la peine doivent durer trois semaines au palais de justice de Québec.

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